La Turquie doit accueillir les réfugiés fuyant Alep

Damas rejette toute condition préalable à des pourparlers de paix

Photo: Keystone

Damas rejette toute condition préalable à des pourparlers de paix avec l'opposition, a déclaré samedi le ministre syrien des Affaires étrangères. L'opposition réclame des gestes humanitaires de la part de Damas afin d'établir la confiance entre les deux camps.

Les pourparlers de Genève III ont été suspendus mercredi dernier et jusqu'au 25 février en raison de l'offensive lancée quelques jours plus tôt dans la région d'Alep par les forces gouvernementales, avec le soutien aérien de la Russie. Lors d'une conférence de presse à Damas, Walid Moualem a assuré que son gouvernement avait abordé les entretiens sans poser de conditions, contrairement à ses opposants.

Il s'est également félicité des gains récents de l'armée syrienne et ses alliés dans la région d'Alep et le sud de la Syrie.

Interrogé sur la volonté annoncée par l'Arabie saoudite d'envoyer des troupes au sol en Syrie si la coalition conduite par les Etats-Unis décide de lancer de telles opérations, le chef de la diplomatie syrienne a dit espérer que Ryad entendrait le 'langage de la raison'. Mais, a-t-il ajouté, 'la folie des dirigeants saoudiens implique que rien n'est exclu'.

'Toute intervention terrestre sur le territoire syrien sans l'autorisation du gouvernement est une agression face à laquelle il faudra résister (...) Nous assurons que tout agresseur sera envoyé dans son pays dans un cercueil en bois', a encore affirmé le chef de la diplomatie syrien.

Ankara rappelé à son devoir

Les Européens ont rappelé samedi matin à la Turquie son devoir, au regard du droit international, d'accueillir les milliers de réfugiés syriens bloqués à sa frontière. Ceux-ci ont fui une offensive de l'armée du régime appuyée par l'aviation russe.

'La Convention de Genève, qui stipule qu'il faut accueillir les réfugiés, est toujours valide', a déclaré le commissaire à l'Elargissement, Johannes Hahn, en arrivant à une réunion de l'Union européenne à Amsterdam.

M. Hahn était interrogé par les journalistes sur le fait que la Turquie a fermé le poste-frontière d'Oncupinar (appelé Bab al-Salama côté syrien), au sud de la ville turque de Kilis, où aucune entrée ou sortie du territoire turc n'était autorisée vendredi.

Selon les derniers chiffres fournis par l'ONU, 20'000 personnes se bousculent déjà côté syrien de ce poste-frontière, alors que selon les estimations, l'offensive du régime dans la province d'Alep (nord de la Syrie) appuyée par plus de mille raids aériens russes, a poussé près de 40'000 civils à fuir leurs foyers depuis lundi.

/ATS
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