L'extrême droite défie la gauche lors de municipales à Vienne

La gauche sauve son bastion viennois face à l'extrême-droite

Photo: Keystone

Les sociaux-démocrates sont parvenus à sauver leur bastion viennois lors des élections municipales de dimanche. Ils ont résisté à la poussée électorale de l'extrême-droite, qui a joué à plein la carte de la crise des migrants.

Après le dépouillement de l'ensemble des suffrages, les sociaux-démocrates du SPÖ, qui tiennent la mairie depuis 1945, arrivent en tête avec 39,4% des voix. Ils perdent près de cinq points par rapport au précédent scrutin, il y a cinq ans, mais limitent plus qu'attendu leurs pertes.

Le Parti de la liberté (FPÖ) de Heinz-Christian Strache obtient pour sa part à 32,3%. En hausse de cinq points par rapport à 2010, il améliore le score historique enregistré par la formation populiste et hostile à l'immigration dans la capitale, 27,9% lors des élections en 1996, sous la houlette de feu Jörg Haider.

Coalition rouge-verte reconduite

Très polarisées autour de la montée du FPÖ, ce scrutin a bénéficié d'un taux de participation en hausse de près de cinq points, à 72,4%, selon les premières estimations. Cette mobilisation s'est également traduite par une hausse record du vote par correspondance.

Selon les projections, M. Häupl, 66 ans, réélu pour un cinquième mandat, devrait pouvoir reconduire sa coalition avec les Verts, qui perdent un point et demi à 11,1%.

Traditionnellement faibles à Vienne, les conservateurs de l'ÖVP, partenaires de coalition du chancelier SPÖ Werner Faymann au sein d'une grande coalition au plan fédéral, réalisent le pire résultat de leur histoire, à 8,7%. Le scrutin a aussi été marqué par la percée d'un nouveau parti libéral, Neos, qui pour sa première participation a obtenu 6% des voix.

Le FPÖ en tête au plan national

La progression du parti d'extrême droite représente un succès pour M. Strache, un ancien prothésiste dentaire qui avait poussé M. Haider vers la sortie en 2005 et n'a jamais caché viser à terme la chancellerie.

Le FPÖ reste en tête des intentions de vote au plan national et a doublé le mois dernier son score lors d'un scrutin régional en Haute-Autriche (nord), dépassant là aussi la barre des 30% et s'arrogeant la deuxième place derrière l'ÖVP.

Crise des réfugiés

La campagne a été dominée par la crise des réfugiés: l'Autriche a vu plusieurs dizaines de milliers de migrants transiter sur son territoire depuis début septembre, la plupart poursuivant leur trajet vers l'Allemagne. 'Nous ne voulons pas devenir une minorité dans notre propre pays', avait ainsi lancé M. Strache mardi soir.

Pour le politologue Peter Filzmaier, la crise des réfugiés que vit l'Europe depuis cet été, n'explique pas à elle seule la résurgence du FPÖ. 'Il y a une conjonction avec des inquiétudes économiques et sociales liées à l'avenir', dit-il.

/ATS
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