L'aviation kényane bombarde des camps des Chabaab en Somalie

L'aviation kényane bombarde deux camps shebab en Somalie

Photo: Keystone

Des avions kényans ont bombardé dimanche deux camps des shebab, les islamistes somaliens qui ont revendiqué le massacre de Garissa dans l'est du Kenya. Ces raids constituent la première riposte militaire d'envergure à la tuerie qui a fait 148 morts le 2 avril.

Les raids aériens visaient la région de Gedo, en Somalie, qui jouxte l'extrémité nord-est du Kenya. 'Nous avons visé ces deux secteurs parce que selon nos informations, les membres (des shebab) viennent de là pour attaquer le Kenya', a déclaré le colonel David Obonyo.

'Les deux cibles ont été touchées' et 'les deux camps ont été détruits', a-t-il assuré, sans fournir davantage de précisions. Il a toutefois ajouté que la destruction de ces cibles était déjà prévue avant l'attaque de l'université de Garissa. Ce bombardement entre dans le cadre 'de l'engagement permanent contre les shebab, qui va se poursuivre', a expliqué le colonel.

'Les terres musulmanes'

L'armée kényane est entrée en Somalie en octobre 2011 pour combattre les shebab. Le contingent a depuis été intégré à l'Amisom, force de l'Union africaine déployée depuis 2007 en Somalie pour soutenir les fragiles autorités et combattre les islamistes. L'Amisom dispose actuellement de 22'000 hommes.

En représailles à cette intervention de Nairobi, les shebab ont multiplié les attaques sur le sol kényan. Avant le massacre de Garissa, ils avaient revendiqué l'assaut contre le centre commercial Westgate de Nairobi, en septembre 2013 (au moins 67 morts), et des raids sur la côte et la façade est du Kenya qui ont fait au moins 160 morts l'année dernière.

Le groupe djihadiste a encore menacé samedi le Kenya d'une 'longue et épouvantable guerre' et d'un 'nouveau bain de sang'. Il l'accuse d'opprimer l'importante minorité musulmane du pays et d'occuper 'les terres musulmanes' en Somalie et au Kenya (les régions somali et côtières).

Deuil national de trois jours

Dimanche, la majorité chrétienne du Kenya fêtait Pâques endeuillée par l'attaque de l'université de Garissa. Un deuil national de trois jours commençait à la mémoire des 148 victimes, pour la plupart des chrétiens, dont 142 étudiants. Quatre assaillants ont aussi été tués.

Les drapeaux étaient en berne, au lendemain de l'appel à l'unité entre communautés chrétienne et musulmane lancé par le président Uhuru Kenyatta. 'Notre colère justifiée ne doit déboucher sur aucune stigmatisation', a exhorté le chef de l'Etat en référence aux musulmans, Somaliens ou Kényans d'ethnie somali, souvent dénoncés ou victimes d'abus policiers après de telles attaques.

/ATS
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