L'alliance composée du parti pirate obtient la majorité

Le parti pirate 3e aux législatives

Photo: Keystone

Le parti pirate islandais a enregistré aux législatives anticipées de samedi une nette percée, obtenant 13,3% des voix après dépouillement d'un tiers des bulletins (32%). Le parti de l'indépendance (droite) émerge comme la première formation du pays avec 30,6%.

Les premières estimations relayées dimanche peu après minuit par la chaîne de télévision islandaise RUV indiquaient pourtant que les pirates avaient des chances de réussir leur pari et d'accéder au pouvoir grâce à l'alliance de centre-gauche forgée avec le mouvement gauche-Verts, les sociaux-démocrates et Avenir radieux (centre).

'Nous sommes très satisfaits', a immédiatement réagi la 'capitaine' du parti pirate, la poétesse Birgitta Jonsdottir, comparant les partisans du parti Piratar à des 'Robin des Bois' parce que 'nous voulons prendre le pouvoir aux puissants pour le donner au peuple'.

Trois fois mieux qu'en 2013

'Nos prévisions internes donnaient 10 à 15%. Les premiers résultats correspondent au haut de notre fourchette. On savait qu'on n'aurait jamais 30%', a indiqué Birgitta Jonsdottir lors d'une veillée électorale organisée dans le port de Reykjavik. Le score de son parti a toutefois triplé par rapport aux dernières élections. Les derniers sondages créditaient pourtant les pirates de 20%.

Avec autour de 14%, le parti pirate passerait de 3 à 9 députés, devenant ainsi la troisième formation politique de cette île de l'Atlantique Nord ancrée à droite depuis l'indépendance en 1944.

En additionnant les voix des trois partis de centre-gauche avec lesquels les pirates ont scellé un accord pré-électoral de gouvernement, on atteindrait 28 sièges sur les 32 requis pour la majorité absolue à l'Althingi, le parlement monocaméral islandais. Le mouvement gauche-Verts recueillerait 10 mandats, les sociaux-démocrates 4 et le parti Avenir radieux (centre) 5 élus.

Démission à venir

Du côté de la coalition sortante, le parti de l'indépendance gagnerait deux députés pour se placer en tête avec 21 sièges. Le parti du progrès (centre-droit) perdrait 12 députés pour n'en conserver que 7, soit là aussi un total pour la droite de 28 sièges.

Alors que le résultat des pirates a été accueilli par les applaudissements des militants réunis dans une brasserie de Reykjavik envahie par les touristes et la presse étrangère, le Premier ministre Sigurdur Johannsson, président du parti du progrès, s'est dit 'déçu' par le score de sa formation. Il a indiqué que si ce score était confirmé, il remettrait dimanche sa démission.

En Suisse aussi, les réactions n'ont pas tardé. Dans un communiqué, le parti pirate suisse a salué dimanche la percée de Piratar en espérant que ce résultat en entraînera d'autres à travers le monde.

Créé en 2012, le parti pirate islandais, dont le quartier général est un bateau ancré dans le port de Reykjavik, entend revigorer la démocratie en Islande, redistribuer le revenu des ressources naturelles, refinancer la santé et lutter contre la corruption.

Nouveau parti comme arbitre

Reste que le futur paysage politique islandais n'est pas encore dessiné. Ni les partis de centre-droit, ni les quatre partis de l'opposition ne semblent pour le moment réunir de majorité suffisante. D'autant que les pirates et le parti de l'indépendance ont toujours exclu jusqu'à présent de travailler ensemble.

Le nouveau parti de la réforme (Vidreisn), pro-européen et libéral, pourrait détenir les clefs de la future majorité. Avec sept élus, il pourrait décider de soutenir l'un ou l'autre des deux blocs.

/ATS
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