L'ONU évacue son personnel étranger au Yémen

L'ONU évacue son personnel étranger au Yémen

Photo: Keystone

Des centaines d'employés étrangers ont été évacués samedi par voie aérienne de Sanaa. La capitale yéménite est en proie à l'insécurité, au troisième jour de raids de la coalition arabe contre les rebelles Houthis liés à l'Iran.

Au sommet des chefs d'Etat arabes réunis samedi en Egypte, le roi saoudien Salmane a expliqué que ces raids se poursuivraient jusqu'au 'rétablissement de la sécurité' au Yémen. L'opération aérienne implique neuf pays arabes.

Intervenant après lui, le président yéménite Abd Rabbo Mansour Hadi a espéré la poursuite de la campagne arabe jusqu'à la 'reddition' des Houthis. Les deux dirigeants ont ensuite quitté le sommet pour Ryad. M. Hadi ne rentrera pas 'pour l'instant' à Aden, a dit son chef de la diplomatie, Riyad Yassine.

Alors que la situation s'aggrave de jour en jour dans ce pays pauvre de la péninsule arabique, 'plus de 200 employés de l'ONU, d'ambassades et de sociétés étrangères ont quitté samedi après-midi l'aéroport de Sanaa', a déclaré une source humanitaire. Il ne reste que du personnel nécessaire aux missions humanitaires d'urgence.

Combats à Aden

Pour la troisième nuit consécutive, les avions de la coalition ont pilonné les positions rebelles dans et autour de la capitale Sanaa. 'C'était une nuit intense de bombardements' et les 'vitres ont tremblé', a indiqué une étrangère travaillant pour une organisation humanitaire. 'Des civils veulent partir, mais il n'y a pas d'avions pour quitter le Yémen'.

A Aden, deuxième ville du pays, des combats ont fait rage entre des miliciens Houthis et des comités de défense de quartiers, faisant 54 morts en trois jours, selon un responsable local. En outre, de puissantes explosions dans un dépôt de l'armée - pris d'assaut par des pilleurs - ont été entendues.

L'ombre de Téhéran

Le royaume sunnite saoudien, qui a une longue frontière avec le Yémen, commande la campagne arabe lancée jeudi. Celle-ci vise à arrêter l'offensive des Houthis pour les empêcher de prendre le pouvoir.

Depuis septembre 2014, ces miliciens chiites se sont emparés de vastes régions, dont Sanaa. Ils avaient progressé ces derniers jours vers Aden, où était retranché M. Hadi depuis février.

En annonçant l'opération 'Tempête décisive' au Yémen, l'Arabie saoudite a expliqué vouloir contrer 'l'agression' de l'Iran, qu'elle accuse de soutenir les Houthis et de chercher à 'dominer' la région. Téhéran n'a jamais confirmé aider les Houthis, mais a dénoncé la campagne aérienne impliquant neuf pays arabes.

Des responsables diplomatiques du Golfe ont affirmé que la campagne militaire au Yémen pourrait durer jusqu'à six mois. Ils s'attendent à des représailles iraniennes sous forme d'actes de déstabilisation.

'Menaces pour l'identité arabe'

La campagne au Yémen devrait fournir un 'test' pour la création d'une force arabe permanente à l'étude au sommet arabe. Celle-ci est défendue par le président égyptien Abdel Fattah al-Sissi qui a parlé de 'menaces sans précédent pour l'identité arabe'.

Plus que le groupe djihadiste Etat islamique (EI) qui sévit dans plusieurs pays arabes, c'est la crainte de voir l'Iran étendre son influence qui pourrait pousser les pays arabes à entériner la création d'une force militaire conjointe.

/ATS
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