L'OMS a lancé une unité spéciale pour répondre au virus Zika

L'OMS a lancé une unité spéciale pour répondre au virus Zika

Photo: Keystone

L'OMS a lancé mardi une 'unité de réponse globale' au virus Zika après avoir décrété une 'urgence de santé publique de portée mondiale'. Mais sur 4200 cas suspects de microcéphalies au Brésil, la majorité devrait s'avérer négative, a souligné à Genève un spécialiste.

L'Organisation mondiale de la santé (OMS) tire les conclusions des critiques sur sa gestion de la réponse au virus Ebola détecté dans 25 pays. L'unité spéciale rassemble des responsables au siège de l'OMS à Genève, mais aussi dans les régions, a dit mardi devant la presse le directeur de la santé des femmes, des enfants et des adolescents à l'OMS, Antony Costello.

Un groupe d'experts devra lui se pencher sur les critères et les standards de la microcéphalie. Plus que le virus Zika lui-même, le Comité d'urgence a conseillé lundi à la directrice générale de l'OMS Margaret Chan de décréter une urgence sanitaire internationale en raison des liens suspectés avec la microcéphalie, une malformation congénitale.

Pas détecté dans 90% de cas

Contrairement au VIH ou à Ebola, le Zika 'n'est pas une infection mortelle', a également dit M. Costello. Mais il a 'potentiellement des effets dévastateurs pour les familles' dont les enfants seront atteints de microcéphalies.

La surveillance de l'extension du virus doit être menée notamment en Afrique et en Asie, continents habituels du moustique qui le répand. Il faut notamment indiquer dans les communautés les mesures préventives pour éviter les piqûres. Une volonté à laquelle va s'associer notamment le Fonds des Nations Unies pour l'enfance (UNICEF).

Deux problèmes se posent. Le Zika n'est pas détecté dans 90% des cas, notamment parce que les tests à disposition ont une portée de quelques jours.

Seconde difficulté, le diagnostic des microcéphalies n'est pas facile à établir et peut prendre plusieurs mois pendant la grossesse. La taille de la tête doit être surveillée un jour après la naissance et dans les mois qui suivent.

Douze cas avérés de liens avec la microcéphalie

Sur les 4200 cas de têtes plus petites que la moyenne enregistrés au Brésil, 'la majorité' devrait être liée 'à d'autres raisons, moins sérieuses', selon M. Costello. Seuls douze cas sont pour le moment reliés directement au virus Zika. Malgré tout, il estime que la hausse des microcéphalies sera importante, 'peut-être dix fois supérieure' à la situation habituelle.

Les microcéphalies sont rares et associées habituellement à des infections, des expositions à des métaux lourds ou à des toxines. Occasionnellement, la malnutrition peut aussi la favoriser.

Elles peuvent demander parfois un traitement durant toute la vie du patient. Certains enfants ont toutefois un développement normal. Elles sont constatées surtout dans des pays à bas revenus, dans un environnement où le développement est difficile. Mais d'autres éléments peuvent parfois aussi l'expliquer.

/ATS
Partager
Link
Météo
Restez informé

Pour tout savoir sur l'actualité, inscrivez-vous à notre newsletter et recevez chaque soir dès 16h30 toutes les news de la journée.