Dimanche de Pâques dans un pays en deuil après le massacre

Dimanche de Pâques dans un pays en deuil après le massacre

Photo: Keystone

La majorité chrétienne du Kenya fêtait dimanche Pâques, endeuillée par le massacre d'étudiants de l'université de Garissa commis par un commando islamiste des shebab. L'un des assaillants a été identifié comme un jeune Kényan diplômé.

Un deuil national de trois jours a commencé dimanche à la mémoire des 148 victimes, dont 142 étudiants, en majorité chrétiens. Les drapeaux étaient en berne, au lendemain de l'appel à l'unité entre communautés chrétienne et musulmane lancé par le président Uhuru Kenyatta.

'Notre colère justifiée ne doit déboucher sur aucune stigmatisation', a exhorté le chef de l'Etat en référence aux musulmans, Somaliens ou Kényans d'ethnie somali, souvent dénoncés ou victimes d'abus policiers après de telles attaques.

Les autorités kényanes ont identifié l'un des quatre assaillants, dont les corps ont été retrouvés à l'issue d'un siège de 16 heures: il s'agit d'un jeune Kényan d'ethnie somali, diplômé en droit et apparemment promis à un brillant avenir.

Un diplômé en droit

L'homme était originaire de Mandera (nord-est du pays, à la frontalière avec la Somalie), selon le ministère de l'Intérieur. Son père, un responsable local d'une circonscription du comté de Mandera, avait signalé aux autorités que son fils avait disparu 'et qu'il soupçonnait le garçon de s'être rendu en Somalie', a dit le porte-parole du ministère, Mwenda Njoka.

Les autorités ont en outre annoncé l'arrestation de cinq suspects - quatre Kényans d'origine somalienne et un Tanzanien - et précisé que d'autres individus recherchés tentaient de fuir en Somalie.

Liste des survivants

A la morgue de Nairobi ou auprès de la Croix-Rouge, des centaines de Kényans dans l'angoisse tentent toujours de savoir ce qui est arrivé à leurs proches. Une poignée de pères ou de frères cherchent une trace des leurs, qui ne figurent ni sur la liste des survivants, ni parmi les corps entreposés à la morgue.

'C'est terrible de ne pas savoir', explique un père qui attend une liste actualisée des survivants sur laquelle il espère trouver le nom de sa fille, une étudiante en 2e année de Sciences de l'éducation à Garissa. Il critique l'incapacité des autorités à fournir des informations et à s'occuper des familles dans l'angoisse.

Nouvel espoir

Dimanche, aucune cérémonie officielle de deuil n'a été organisée, mais les chrétiens se sont rassemblés dans les églises lors de la traditionnelle messe pascale, pour des prières largement consacrées aux victimes de Garissa.

/ATS
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