Début des débats sur l'interdiction du parti néo-nazi allemand NPD

Début des débats sur l'interdiction du parti néo-nazi allemand NPD

Photo: Keystone

La Cour constitutionnelle de Karlsruhe a commencé mardi l'examen d'une demande d'interdiction en Allemagne du parti néo-nazi NPD. Cette formation est accusée d'être 'anticonstitutionnelle'. Mais la procédure reste incertaine après un premier échec en 2003.

Interdire un parti est 'une épée à double tranchant qui doit être maniée avec prudence. Elle limite la liberté pour préserver la liberté', a déclaré en préambule de cet examen le juge Andreas Vosskuhle qui préside cette audience. 'Chaque procédure d'interdiction de parti représente un défi pour un Etat libre constitutionnel et démocratique', a-t-il encore indiqué.

La plus haute juridiction d'Allemagne, qui siège à Karlsruhe, dans le sud-ouest du pays, a prévu au minimum trois jours d'audience, jusqu'à jeudi, pour examiner cette requête déposée fin 2013 par le Bundesrat, la chambre haute du Parlement où siègent les représentants des Etats régionaux. La Cour constitutionnelle de Karlsruhe ne devrait pas rendre sa décision avant plusieurs mois.

Mais du côté des partisans de l'interdiction, on se montrait confiant mardi. 'Nous sommes bien préparés et avons bon espoir que la procédure s'achève dans le bon sens', a jugé sur la chaîne de télévision N-TV l'un des plaignants, le ministre de l'Intérieur de l'Etat régional de Saxe-Anhalt, Holger Stahlknecht.

Financièrement en difficulté, le NPD a été privé de subventions en février 2013. De plus, le parti ne compte plus d'élus qu'en Mecklembourg-Poméranie-Occidentale, dans l'est du pays, et n'a réuni que 1,3% des suffrages aux élections législatives de 2013.

Deux partis bannis depuis 1945

Le Bundesrat juge que le NPD (Parti national-démocratique d'Allemagne) ainsi que les associations qui lui sont liées sont 'anticonstitutionnels' et doivent être interdits car le parti 'veut déstabiliser et mettre à bas l'ordre libéral-démocratique, et envisage de le faire de manière agressive'.

Une précédente tentative d'interdiction avait échoué en 2003 et tourné au camouflet pour la coalition Verts/SPD alors au pouvoir. La Cour avait estimé ne pas pouvoir trancher tant que des informateurs des services du renseignement intérieur (Verfassungsschutz) travaillaient au sein de la direction du NPD. Pour les juges, le risque était trop grand que ces 'indics' aient pu agir comme agents provocateurs et amener le NPD à enfreindre la constitution.

La chancelière Angela Merkel a renoncé à se joindre à la demande du Bundesrat, même si le gouvernement à Berlin juge le NPD 'anti-démocratique, xénophobe, antisémite et contraire à la constitution'.

Seuls deux partis ont été interdits en Allemagne depuis 1945: un héritier du parti nazi, le SRP, en 1952, puis le parti communiste allemand (KPD), quatre ans plus tard.

/ATS
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