De Mistura pourrait annoncer une reprise des discussions

Syrie: pas de négociations avant deux ou trois semaines

Photo: Keystone

Les attaques par l'EI contre Tartous et Jablé, deux fiefs du régime en Syrie, montrent 'l'urgence' d'une solution politique, estime l'émissaire de l'ONU. Staffan de Mistura n'envisage toutefois pas de nouveaux pourparlers avant deux ou trois semaines.

Ces violences ont été menées par l'Etat islamique (EI), 'un ennemi commun' en Syrie, a relevé l'émissaire jeudi devant la presse à Genève. Il s'est adressé dans l'après-midi au Conseil de sécurité de l'ONU à New York, auquel il a indiqué qu'il n'envisageait pas de nouveaux pourparlers de paix en Syrie avant deux ou trois semaines, selon des diplomates.

M. de Mistura, qui a rendu compte de sa mission au Conseil par vidéo-conférence, a souligné qu'il fallait d'abord obtenir des progrès dans l'application du cessez-le-feu et la livraison de l'aide humanitaire avant une reprise de ces négociations entre le gouvernement et l'opposition armée.

Les discussions ont besoin d'un environnement 'crédible', selon lui. Le mois d'août reste l'objectif pour un gouvernement de transition. En revanche, l'émissaire estime que l'annonce mercredi des Kurdes syriens de leur volonté de concrétiser leur intention d'une fédération ne constitue pas une 'menace' pour les pourparlers.

Accès toujours difficiles

Sur le front humanitaire, seuls 160'000 personnes ont été atteintes en mai, a indiqué le co-président du groupe de travail sur cette question Jan Egeland, au terme d'une réunion de cette enceinte. Même dans les zones autorisées par le gouvernement, de nombreuses difficultés ont été observées pour un accès. Notamment à Madamiyah et Deraya.

Dans ces deux villes et à al-Waer, des indications montrent une sévère malnutrition. 'Des enfants vont mourir si nous ne pouvons pas les atteindre', estime M. Egeland. La campagne de vaccination avance en revanche dans toutes les régions, dont celles contrôlées par l'EI. Elle doit bénéficier à 2 millions d'enfants.

Largages envisagés

La possibilité de largages dès début juin sur les zones où le gouvernement n'autorise pas d'accès humanitaire, décidée par le Groupe international de soutien à la Syrie (GISS) à Vienne, a été discutée lors de la réunion de jeudi. Le directeur général du Programme alimentaire mondial (PAM), en charge de la préparation de ce dispositif, a participé à la rencontre.

Pour des raisons de trafic aérien, les largages doivent obtenir la 'coopération' du gouvernement syrien. Soit pour des distributions depuis des avions à haute altitude, soit par hélicoptère.

Le régime syrien a collaboré pour les largages pour 110'000 personnes à Deir-Ezzor, assiégée par l'EI. Il a autorisé aussi l'aviation iranienne à préparer des largages sur al-Foua et Kefraya, encerclées par l'opposition.

M. de Mistura attend une semblable coopération pour des villes comme Madamiyah, Deraya et Douma. 'Mais cela ne signifie pas' que si le régime s'oppose, la Russie et les Etats-Unis ne peuvent pas maintenir les efforts pour que la nourriture puisse atteindre tous les Syriens, selon M. de Mistura.

Intensification des opérations anti-EI

Jeudi, les forces soutenues par les Etats-Unis en Irak et en Syrie ont sinon intensifié leurs opérations contre le groupe djihadiste Etat islamique (EI), les analystes prévenant toutefois que la bataille pourrait être longue.

Alors que les violences continuent d'enflammer plusieurs fronts en Syrie, le combat semble se concentrer contre l'EI dans la province de Raqa (nord-est) où se poursuit une offensive terrestre lancée mardi par une alliance de forces arabo-kurdes avec l'appui de la coalition internationale dirigée par les Etats-Unis.

/ATS
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