Catastrophes: la Croix-Rouge veut renforcer la prévention

Seul 0,4% de l'aide internationale est utilisé pour la prévention des risques de désastres. La Croix-Rouge a appelé jeudi depuis Genève à changer la donne, alors que l'ouragan Matthew a fait près de 500 morts en Haïti la semaine dernière.

Le risque de désastres 'va arriver et il arrive malheureusement actuellement plus souvent qu'auparavant', a dit devant la presse le secrétaire général de la Fédération internationale des sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge (FICR), Elhadj As Sy. La faute au changement climatique, à l'urbanisation rapide et non planifiée qui s'étoffe de 180'000 personnes par jour et aux autres attitudes humaines.

'Notre niveau de préparation peut décider' si des ouragans par exemple vont devenir un désastre, a estimé le secrétaire général en présentant le Rapport 2016 sur les catastrophes dans le monde. Trop de victimes décèdent encore.

En 2015, 108 millions de personnes ont été affectées par un désastre, a indiqué l'un des auteurs du document, David Sanderson. En Haïti, M. Sy ne peut dire si tout a été bien pensé avant l'arrivée de l'ouragan. Mais de nombreuses organisations comme la FICR avaient positionné en avance de la nourriture, des systèmes d'assainissement de l'eau, des vaccins ou du matériel d'urgence.

Intérêt économique

'Nous sommes tous résolus à faire plus vite, davantage et mieux', dit M. Sy. La Fédération n'a pas été confrontée à des problèmes pour son dispositif alors que des partis politiques distribuent leur propre aide de manière désorganisée, provoquant des affrontements entre victimes. 'Nous ne travaillons pas de cette manière', estime M. Sy.

'Nous ne sommes pas responsable de la gestion d'Haïti', ajoute-t-il. Cette fonction revient au gouvernement et 'il faut un certain niveau de stabilité, de bonne gouvernance, d'investissement sur le plus long terme et de mobilisation des communautés'.

Mais la communauté internationale doit rester plus longtemps aux côtés des victimes de désastres. Les partenariats doivent être étendus. L'investissement dans la prévention 'fait sens' du point de vue moral mais aussi économique, explique encore M. Sy. La lutte contre le choléra prend par exemple des années, selon lui.

Entre 1991 et 2010, les pertes financières liées aux catastrophes dans des pays pauvres ont atteint plus de 840 milliards de dollars. Au total, 3300 milliards d'aide ont été alloués sur cette période mais seuls 0,4% à la prévention ou à la réduction des risques.

Améliorations au Bangladesh

Il est difficile de prévoir le nombre de victimes. En terme de coûts, le Bureau de l'ONU pour la réduction des risques de catastrophes a récemment estimé que des investissements de 6 milliards de dollars par an permettrait de les diminuer de 20%, ou 350 milliards.

Le rapport de la FICR ajoute que chaque dollar investi dans des systèmes pour prévenir les inondations au Bangladesh a diminué les conséquences de 260 dollars en 2015, précise également M. Sanderson. M. Sy appelle à 'franchir les lignes' entre la préparation, l'aide d'urgence et la reconstruction. Les barrières entre elles sont devenues 'plus vagues'.

Les nouvelles technologies, notamment pour la distribution d'argent qui permet de renforcer l'autonomie des victimes, peuvent être positives 'si elles sont utilisées de manière adaptée'. Et éviter que des personnes se battent entre elles, souligne le secrétaire général.

/ATS
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