Bagdad sous haute sécurité après l'occupation du Parlement

Les manifestants quittent la

Photo: Keystone

Les manifestants qui occupaient depuis 24 heures la 'zone verte', le secteur fortifié du centre de Bagdad, l'ont quitté dimanche après avoir présenté leurs revendications. Ils ont promis d'y revenir à la fin de la semaine pour maintenir la pression.

Samedi, les manifestants avaient pris d'assaut cette zone où siègent de nombreuses institutions du pays et des ambassades étrangères. Ils dénoncer l'inaction du Parlement et réclament un nouveau gouvernement capable d'appliquer des réformes anticorruption.

L'Irak est en proie à une grave crise politique depuis des semaines. De nombreux partis s'opposent au projet du Premier ministre de mettre en place un gouvernement de technocrates par peur de perdre certains de leurs privilèges.

Excédés, des milliers d'Irakiens ont organisé des sit-ins et des manifestations depuis des semaines. Ils ont culminé avec l'invasion du Parlement samedi.

Appel à quitter les lieux

Dimanche, tranchant avec les tensions de la veille, les manifestants prenaient des photos et déambulaient dans la Zone verte, ordinairement fermée au public. Mais la capitale irakienne restait sous haute sécurité.

Une porte-parole du comité organisateur du sit-in a appelé les participants à partir 'en position de force', par respect pour le pèlerinage chiite en cours dans la capitale, et elle a ajouté qu'ils retourneraient ensuite dans la zone verte à l'appui de leurs revendications.

Promesse de réformes

M. Abadi 'a ordonné au ministre de l'Intérieur de présenter à la justice les personnes qui ont attaqué les forces de sécurité, les citoyens et les membres du Parlement et vandalisé les propriétés de l'Etat', selon un communiqué de son bureau.

Le Premier ministre irakien et d'autres responsables politiques se sont engagés dimanche à initier des réformes radicales et à juguler la crise politique en cours. Il a convoqué une réunion en présence du président irakien, du président du parlement et des chefs de différents blocs politiques.

L'ancien Premier ministre Nouri al Maliki, qui dirige le parti Daoua, et les représentants de l'imam Moktada Sadr n'étaient pas de cette réunion, selon un homme politique qui y a pris part.

Sadristes

Nombre de protestataires sont des partisans M. Sadr, dont la milice s'est déployée aux alentours du Parlement samedi soir. Le dignitaire met depuis plusieurs semaines la pression sur M. Abadi, qui peine à faire approuver par le Parlement une équipe gouvernementale composée de technocrates.

Mardi, les députés avaient approuvé une partie des candidats technocrates proposés lors d'une séance houleuse qui a vu des parlementaires jeter des bouteilles en direction du Premier ministre.

Condamnation internationale

La chef de la diplomatie européenne Federica Mogherini a pour sa part condamné l'assaut du Parlement. Elle a mis en garde contre une nouvelle déstabilisation du pays qui connaît des difficultés économiques liées à l'impact de la chute des prix du pétrole.

Cette crise est également suivie avec inquiétude par les Etats-Unis, qui craignent qu'elle 'ne détourne' les autorités de la lutte contre le groupe Etat islamique (EI) 'qui constitue 'la véritable menace' pour les Irakiens, selon un haut responsable américain.

Dimanche, cette organisation djihadiste sunnite a revendiqué un double attentat-suicide à la voiture piégée à Samawa dans le sud du pays, une région majoritairement chiite généralement épargnée par les attaques de l'EI. Les deux attaques-suicide ont fait au moins 33 morts et une cinquantaine de blessés.

/ATS
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