Au moins cinquante-deux morts dans un attentat à Bagdad

Trois attentats de l'EI font plus de quatre-vingt morts à Bagdad

Photo: Keystone

Au moins 86 personnes ont été tuées et une centaine blessées mercredi dans trois attentats à la voiture piégée à Bagdad, dont l'un a visé un marché bondé. C'est la journée la plus meurtrière dans la capitale irakienne depuis le début de l'année.

Dans des communiqués mis en ligne sur internet, le groupe djihadiste sunnite Etat islamique (EI) a revendiqué les trois attentats. Il affirme que trois kamikazes les ont perpétrés.

L'attaque la plus sanglante a eu lieu le matin dans le quartier chiite de Sadr City, dans le nord de Bagdad, où l'EI vise fréquemment les lieux publics des quartiers majoritairement chiites. Son bilan pourrait s'aggraver, car l'explosion du véhicule piégé a fait également 82 blessés, selon un dernier bilan de sources médicales et de sécurité.

L'explosion a été déclenchée à une heure d'affluence, à 10h00 locales (09h00 en Suisse), à proximité d'un marché du grand quartier chiite Sadr City (nord de Bagdad). L'incendie s'est rapidement propagé à des échoppes, dont les devantures ont volé en éclats.

Irakiens en colère

Sur les lieux de l'attentat, des dizaines d'Irakiens ont manifesté leur colère et leur exaspération. Ils ont dénoncé l'inaction du gouvernement et des politiciens face au groupe ultraradical sunnite.

'Les politiciens sont responsables de l'explosion et les gens sont les victimes de leurs querelles', s'est insurgé Abou Ali. Les hommes politiques 'doivent partir', a renchéri un autre habitant, Abou Muntadhar.

Quelques heures plus tard, deux nouveaux attentats à la voiture piégée ont eu lieu. L'un a frappé le quartier chiite de Kazimiyah et l'autre le quartier mixte (sunnite-chiite) de Jamea à Bagdad, selon la police. Ils ont fait 22 morts, dont plusieurs membres des forces de l'ordre, et 21 blessés.

Crise politique

Ces attentats interviennent alors que l'Irak est secoué depuis des semaines par une grave crise politique. Craignant de perdre certains de leurs privilèges, plusieurs partis s'opposent aux plans du Premier ministre. Haider al-Abadi veut mettre en place un gouvernement de technocrates, capables de mener de manière plus efficace des réformes cruciales pour lutter contre la corruption.

Cette crise est suivie avec inquiétude par les Etats-Unis qui craignent qu'elle 'ne détourne' les autorités de la lutte contre l'EI. Washington a récemment accru son soutien militaire à Bagdad pour aider l'armée irakienne à reconquérir les vastes territoires tombés aux mains des djihadistes depuis 2014.

L'EI a perdu du terrain en abandonnant plusieurs villes, dont Tikrit et Ramadi. Mais les djihadistes conservent des places fortes, dont Mossoul, la deuxième ville du pays. Et ils gardent la capacité de frapper à Bagdad ou dans les régions majoritairement chiites.

La dernière attaque revendiquée par l'EI remonte à lundi, lorsqu'une voiture piégée avait explosé dans la ville de Baquba (nord-est de Bagdad), faisant au moins 10 morts.

/ATS
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