Après un règne-éclair, le gouvernement croate de droite tombe

Après un règne-éclair, le gouvernement croate de droite tombe

Photo: Keystone

Le gouvernement croate est tombé jeudi. Il s'agit d'un échec cinglant pour les nationalistes du HDZ, après cinq mois aux affaires marqués par des polémiques sur le virage à droite de ce membre de l'Union européenne.

'Malheureusement, au lieu de parler des réformes' économiques réclamées par l'UE, 'on parle de cette motion de défiance' contre moi, avait regretté à l'ouverture de la session du Parlement le Premier ministre Tihomir Oreskovic, 50 ans, qui n'était plus soutenu que par la formation de centre-droit Most.

Le vote a été sans appel. Avec 125 voix contre 15 et deux abstentions, ce gouvernement éphémère, né de longues et laborieuses tractations, est tombé sans coup férir.

Il laisse en héritage une image troublée et des controverses répétées, entre exaltation des valeurs traditionnelles, nationalistes et catholiques, et accusations d'avoir voulu relativiser les crimes commis par le régime oustachi pro-nazi durant la Deuxième Guerre mondiale.

La nomination comme ministre de la Culture d'un historien accusé de révisionnisme, Zlatko Hasanbegovic, avait choqué en Croatie comme à l'étranger. La communauté juive comme la minorité serbe avaient boycotté en avril une commémoration à Jasenovac, 'l'Auschwitz croate', pour protester contre ce qu'ils percevaient comme une 'dérive droitière' et une tendance générale à relativiser les crimes oustachis.

Profonde inquiétude

Autres reproches de la société civile: la volonté supposée du gouvernement de mettre au pas les médias, de contrôler l'éducation; la remise en cause d'acquis anciens comme le droit des femmes à l'avortement ainsi que l'influence croissante de l'église catholique dans la société.

Il y a quelques jours, les évêques croates avaient d'ailleurs exprimé leur 'profonde inquiétude' sur la crise politique menaçant le gouvernement, dénonçant les 'intérêts politiques égoïstes' et les 'profits partisans'.

Homme d'affaires croato-canadien, Tihomir Oreskovic est un technicien dépourvu d'expérience politique dont la chute ne faisait plus guère de doute depuis qu'il avait perdu le soutien du HDZ, le principal parti de la très fragile coalition au pouvoir.

La démission mercredi du vice-Premier ministre Tomislav Karamarko, président du HDZ, a été le coup de grâce. Tomislav Karamarko venait de quitter ses fonctions après avoir été accusé de conflit d'intérêt, sa femme Ana ayant signé un contrat de consultant en soutien à une compagnie pétrolière hongroise MOL, en conflit avec l'Etat croate.

/ATS
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