Accord sur l'élimination des HFC, d'importants gaz à effet de serre

Accord sur l'élimination des HFC, d'importants gaz à effet de serre

Photo: Keystone

Les représentants de près de 200 pays, dont la Suisse, ont adopté samedi matin à Kigali un accord sur l'élimination progressive des hydrofluorocarbures (HFC). Ces gaz, utilisés dans les réfrigérateurs et autres climatiseurs, sont extrêmement nocifs pour le climat.

Juridiquement contraignant, l'accord de Kigali est une avancée majeure dans la lutte contre le réchauffement climatique. Il donne un signal positif à quelques semaines de la prochaine grande conférence annuelle sur le climat (COP22), à Marrakech (Maroc).

L'accord a été annoncé sous les applaudissements par le ministre rwandais des Ressources naturelles, Vincent Biruta, à l'issue d'une session plénière ayant duré toute la nuit. Il a pris la forme d'un amendement au Protocole de Montréal sur la protection de la couche d'ozone, adopté en 1987.

'C'est une grande victoire pour le climat. Nous avons fait un pas important en vue de concrétiser les promesses formulées à Paris en décembre' lors de la COP21, s'est réjoui le commissaire européen au climat Miguel Arias Canete, cité dans un communiqué.

Salué par les applaudissements nourris des diplomates épuisés, l'accord prévoit un calendrier en vue d'une élimination progressive de la production et de la consommation de HFC, question particulièrement épineuse pour des pays tels que l'Inde, immense puissance économique en voie de développement.

Effort demandé aux pays riches

Le texte divise les pays en trois groupes en fonction de la date à laquelle ils devront réduire l'usage de ces gaz industriels. Les pays riches sont appelés à agir plus tôt et plus rapidement que les pauvres.

Rassemblés dans un premier groupe, les pays dits 'développés', comprenant les Etats-Unis et la plupart des pays d'Europe, devront réduire leur production et consommation de FC de 10% d'ici à 2019 par rapport aux niveaux de 2011-2013. Ce chiffre devra passer à 85% d'ici à 2036. Beaucoup de ces pays ont déjà commencé.

Un deuxième groupe de pays 'en voie de développement', dont la Chine et les pays africains, se sont engagés à entamer la transition en 2024. Une réduction de 10% par rapport aux niveaux de 2020-2022 devra être atteinte pour 2029. La baisse devra atteindre 80% d'ici à 2045.

Un troisième groupe de pays 'en voie de développement' incluant l'Inde, le Pakistan, l'Iran, l'Irak et les pays du Golfe se sont quant à eux engagés à commencer le gel en 2028, une diminution de 10% par rapport à la période 2024-2026 devant être atteinte pour 2032, puis de 85% pour 2047.

10'000 fois plus nocifs que le CO2

Les HFC, présents dans certains aérosols ou pour la fabrication de mousses isolantes, sont de redoutables gaz à effet de serre (GES), ceux dont les émissions augmentent le plus vite, à un rythme de 10-15% par an. Ils sont utilisés depuis les années 1990 en remplacement des CFC (chlorofluorocarbures), principaux responsables de la destruction de la couche d'ozone.

Mais s'ils sont bons pour l'ozone, ils se sont révélés désastreux pour le climat. Leur contribution à l'effet de serre peut être 10'000 fois plus puissante que le dioxyde de carbone. D'où l'idée, lancée dès 2009, d'un amendement au Protocole de Montréal pour leur suppression.

Aide financière

Les participants ont par ailleurs confirmé leur engagement à financer la transition. Fin septembre, seize pays (Etats-Unis, Japon, Allemagne, France notamment) et 19 organismes et donateurs privés réunis à New York avaient déjà promis une aide de 80 millions de dollars (autant en francs) pour les pays en développement.

Le financement de la transition, dont le total est estimé à plusieurs milliards de dollars à l'échelle mondiale, fera l'objet de nouvelles discussions fin 2017.

/ATS
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