Accord à Bruxelles sur la répartition volontaire de 60'000 migrants

Accord à Bruxelles sur la répartition volontaire de 60'000 migrants

Photo: Keystone

Les chefs d'Etat et de gouvernement de l'UE se sont mis d'accord sur un mécanisme de répartition volontaire de migrants, a confié vendredi matin la chancelière allemande Angela Merkel. Les Etats membres accueilleraient ainsi 60'000 demandeurs d'asile en deux ans.

Le texte stipule que les dirigeants de l'UE 'donnent leur accord à la relocalisation sur deux ans de 40'000 personnes arrivées en Italie et en Grèce et ayant besoin d'une protection provisoire, et à la réinstallation de 20'000 réfugiés' de plus. Il n'impose aucune obligation, mais la formule vaut engagement contraignant, a-t-on expliqué de source européenne.

La répartition doit être effective à la fin juillet. Le président du Conseil européen Donald Tusk avait soutenu dans la journée l'idée d'un mécanisme basé sur le volontariat, mais celui-ci 'ne pourra être crédible qu'à la condition que les Etats prennent des engagements crédibles et significatifs d'ici à la fin du mois de juillet', avait-il ajouté.

Face à la crise des migrants qui traversent par milliers la Méditerranée, la Commission européenne avait proposé un plan d'action plus rigide le mois dernier. Il prévoyait des quotas obligatoires pour répartir 40'000 demandeurs d'asile d'Erythrée et de Syrie actuellement en Grèce et en Italie afin de soulager Rome et Athènes.

Colère italienne

Jeudi soir, les débats, très tendus, ont duré plusieurs heures. Ce sont surtout des pays d'Europe centrale - Pologne, Hongrie, République Tchèque et Slovaquie - qui ont insisté pour que la répartition de migrants se fasse de manière volontaire.

Au vu de l'absence de consensus, le chef du gouvernement italien, Matteo Renzi, a piqué un coup de sang contre ses homologues européens: 'ou vous êtes solidaires, ou vous ne nous faites pas perdre notre temps', a-t-il lancé, selon le récit de son coup de sang fait à la presse au sommet des 28 qui se tient jusqu'à vendredi à Bruxelles.

Le chef du gouvernement italien a été contraint de refuser deux projets de conclusions au cours des débats, a-t-on appris de sources diplomatiques.

Plus de 100'000 personnes sont clandestinement entrées dans l'UE depuis le début de l'année par la Méditerranée ou par la Turquie, selon l'agence européenne Frontex. Plus de 60'000 sont arrivés en Italie après une périlleuse traversée de la Méditerranée.

Promesse française

'La France prendra sa part' de l'effort pour aider l'Italie et la Grèce, débordés par les flux de migrants, a assuré pour sa part François Hollande. Mais il n'a mentionné aucun chiffre. La répartition proposée par la Commission aurait imposé à la France de prendre en charge 9000 réfugiés et demandeurs d'asile sur deux années.

La contrepartie de cette solidarité sera un durcissement des conditions d'accueil des migrants avec la création de centre de tri en Italie et en Grèce pour 'identifier et faire la distinction entre les prétendants au droit d'asile et les migrants économiques', a expliqué le président français.

/ATS
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