Une majorité d'Européens associe réfugiés et risque terroriste

Une majorité d'Européens associe réfugiés et risque terroriste

Photo: Keystone

Une majorité d'Européens estime que l'afflux de réfugiés sur le continent augmente le risque d'attentats dans leur pays, montre un sondage publié lundi. Une forte proportion, notamment en Europe de l'Est, s'inquiète en outre des conséquences pour leur emploi.

Dans huit des dix pays examinés, représentant 80% de la population européenne, au moins la moitié de l'opinion juge que l'arrivée des demandeurs d'asile 'accroît le risque terroriste', selon l'enquête de l'institut américain Pew Research. Plus d'un million de migrants ont été enregistrés en Europe en 2015, fuyant notamment la guerre en Syrie.

La proportion atteint un record (76%) en Hongrie et en Pologne (71%), pays qui ont proportionnellement accueilli peu de migrants et dont les gouvernements ont adopté des politiques très fermes à l'égard des réfugiés. Les Allemands, qui ont accueilli le plus important nombre de migrants, sont 61% à partager cette inquiétude, les Italiens 60% et les Britanniques 52%.

Paradoxalement en France, pays durement frappé par des attentats en 2015, une majorité (51%) ne partage pas cette opinion, 46% jugeant que le risque est accru. En termes médians, 59% des sondés des dix pays lient les réfugiés au risque terroriste dans les dix pays européens.

'Un fardeau'

L'inquiétude des Européens s'étend aussi à leur situation économique. Une proportion importante voit dans l'arrivée des réfugiés 'un fardeau', car ils sont 'susceptibles' de 'prendre nos emplois et nos allocations sociales', selon Pew. Elle atteint 82% en Hongrie, 75% en Pologne, 72% en Grèce, 65% en Italie et 53% en France.

Au total, cette opinion domine dans sept des dix pays étudiés. C'est paradoxalement en Allemagne, pays le plus concerné par les réfugiés, qu'une majorité de la population (59%) ne partage pas cette crainte.

Au-delà, le sondage montre une augmentation des sentiments négatifs des Européens à l'égard des musulmans, y compris en France où cependant seule une minorité (29%) partage ce sentiment, selon l'enquête.

Les Européens sont globalement plus nombreux à penser que la diversité culturelle et ethnique est une mauvaise chose pour leur pays que l'inverse. Et une majorité juge qu'il est important de partager des habitudes et traditions communes pour appartenir réellement à une communauté nationale.

Ce sondage a été effectué par Pew auprès de 11'494 personnes au total entre le 4 avril et le 12 mai.

/ATS
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