Une coordination veut un pilotage démocratique

Une coordination veut un pilotage démocratique

Photo: Keystone

A Genève, une coordination suisse et française regroupant riverains et associations environnementales va lancer mi-août une initiative cantonale. Objectif: que la population ait son mot à dire dans le pilotage de l'aéroport de Cointrin.

Le nombre de passagers à l'aéroport international de Genève (AIG) a doublé ces dix dernières années, dépassant désormais quinze millions. En parallèle, les nuisances ont explosé, en particulier le bruit et la pollution subis de plein fouet par les riverains, a expliqué jeudi devant la presse Lisa Mazzone, présidente de la Coordination régionale pour un aéroport de Genève urbain, respectueux de l'environnement et de la population (CARPE).

Ce n'est que le début, dénonce la conseillère nationale verte et vice-présidente de l'ATE Genève. Face à cette croissance, les autorités planifient de continuer sur la même ligne et prévoient 25 millions de passagers en 2030. Pour les accueillir, il faudra 650 vols par jour, soit un avion qui décolle ou atterrit toutes les 30 secondes, 18 heures sur 24, sept jours sur sept.

Moment charnière

Le développement de l'aéroport se trouve à un moment charnière, alors que l'Office fédéral de l'aviation civile discute avec le canton de Genève et le conseil d'administration de l'AIG de la fiche du Plan sectoriel de l'infrastructure aéronautique (PSIA). Celle-ci définira le cadre de l'exploitation et du développement des infrastructures de l'aéroport de Genève à l'horizon 2030.

Les onze associations formant la coordination ont le sentiment que la machine s'emballe. Par leur initiative constitutionnelle cantonale, elles souhaitent que la société civile soit davantage impliquée dans les décisions et que le développement de l'AIG garantira la limitation des nuisances.

Directement touchés

Car sa croissance touche directement l'environnement et la population, en raison du bruit et de la détérioration de la qualité de l'air et, à plus long terme, du réchauffement climatique. Avec à la clé, des conséquences sur la santé publique, dénonce la CARPE.

Sans compter que la valeur des biens immobiliers a dégringolé dans les zones riveraines, avec des pertes considérables pour nombre de petits propriétaires, a relevé Jean-François Bouvier, président de l'Association des intérêts Vernier-Village. Une étude récente de Noé21 a montré que les coûts sociétaux liés à l'aéroport de Genève sont considérables et ont un impact majeur sur les finances publiques.

Manque de transparence

La CARPE souhaite une action du canton de Genève orientée et cadrée en matière de trafic aérien. Car pour l'heure, malgré toutes nos questions, on ne nous dit rien, a expliqué Mike Gérard.

Le président de l'Association des riverains de l'aéroport de Genève (ARAG) dénonce un manque de transparence, que ce soit sur la fiche PSIA, les courbes de bruit, le nombre de mouvements ou l'augmentation des vols de nuit. 'Nous redoutons que les informations ne soient fournies qu'au moment où tout sera ficelé', a-t-il poursuivi.

Plutôt qu'un développement quantitatif mal maîtrisé, il s'agit de s'orienter vers une croissance qualitative, a poursuivi Jean-François Bouvier. La voix des principaux intéressés, les riverains, peine à se faire entendre, tandis que le Grand Conseil lui-même n'est pas associé aux décisions, a-t-il constaté.

Débat ouvert

Si l'aéroport est entièrement genevois, les pollutions générées sont transfrontalières, a ajouté François Meylan, élu et ancien maire de Ferney-Voltaire (F). 'On estime que l'on a notre mot à dire et qu'on ne doit pas être oublié'.

On ne remet pas en question l'existence de l'aéroport, mais on demande un débat ouvert qui aborde toutes les questions a noté Mme Mazzone. 'Certes le cadre est fédéral, mais on peut espérer l'engagement du canton dans une certaine direction', a-t-elle conclu.

/ATS
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