Symetis concrétise son entrée à la Bourse suisse

Symetis concrétise son entrée à la Bourse suisse

Photo: Keystone

Symetis concrétise son entrée en Bourse. La société de technologie médicale vaudoise mise sur une capitalisation boursière de 200 à 240 millions de francs. Le premier jour de cotation est prévu le 29 septembre. La direction vise à atteindre la rentabilité à fin 2016.

Après avoir annoncé la couleur début septembre, Symetis a détaillé mardi ses plans. L'entreprise basée à Ecublens (VD) prévoit l'émission d'un maximum de 2,3 millions de nouvelles actions d'une valeur nominale de 4 francs. Le prix de souscription est fixé entre 35 et 46 francs par action.

Les fonds levés doivent surtout servir à financer l'expansion commerciale du spécialiste de dispositifs d'implantation de valve aortique transcathéter (TAVI). Car Symetis, numéro trois de son domaine en Europe, veut renforcer sa position sur le Vieux-Continent et conquérir le Japon puis les Etats-Unis, a fait savoir son patron, Jacques Essinger.

L'offre de titres primaires doit d'abord permettre de lever environ 80 millions de francs. Une option de surallocation est prévue, qui porte sur un nombre maximal de 345'000 nouvelles actions. Des investisseurs existants se sont engagés à souscrire à l'offre à hauteur de 15 millions. Symetis est financée par plusieurs sociétés de capital risque, parmi lesquelles Novartis Bioventures.

Sous-sol du CHUV

Jacques Essinger ne doute pas du potentiel de croissance de son secteur. Il estime que sa gamme de produits, Acurate, est bien positionnée pour cibler le marché du TAVI. Inexistant voici 10 ans, ce dernier a dépassé le milliard de dollars l'an passé et devrait se monter à 3 milliards en 2019.

L'implantation de valve aortique transcathéter permet d'introduire la prothèse soit directement à hauteur de la pointe du coeur (apex) soit via l'artère fémorale. Décrite comme peu invasive, cette technique est prescrite chez les patients souffrant de rétrécissement sévère de la valve aortique pour lesquelles une opération à coeur ouvert s'avère trop risquée.

A l'origine de la valve artificielle en forme de 'x' de Symetis se trouvent les travaux de Ludwig Karl von Segesser. Ce professeur en chirurgie cardio-vasculaire a mis au point son idée dans les locaux de la protection civile du centre hospitalier universitaire vaudois (CHUV).

Fondée en 2001, Symetis emploie aujourd'hui 92 collaborateurs à son siège social de Lausanne/Ecublens, où sont aussi fabriqués les instruments servant à introduire les valves. Ces dernières sont quant à elles produites sur le site brésilien de Belo Horizonte, qui compte 142 salariés. La firme totalise aujourd'hui à son compteur près de 3700 implants.

Bénéficiaire en 2016

Sur les six premiers mois de l'exercice en cours, la société d'Ecublens a pu diminuer sa perte nette à 8,4 millions de francs, contre un déficit de 10,5 millions à la même période en 2014, selon le prospectus publié en vue de l'entrée en Bourse. Son chiffre d'affaires a bondi de 46% à 10,8 millions. En 2014, elle avait généré 17,9 millions.

Au niveau opérationnel, la perte d'exploitation avant intérêts, impôts, dépréciations et amortissements (EBITDA) à fin juin s'est réduite à 8,3 millions de francs. Jacques Essinger s'attend à dégager un EBITDA positif au dernier trimestre 2016.

Si l'Allemagne, l'Autriche et la Suisse génèrent actuellement plus de 80% des revenus, Symetis veut mettre le cap sur l'Italie, le Royaume Uni, l'Irlande, la péninsule Ibérique, le Benelux et les pays nordiques. Côté chiffre d'affaires, le directeur général vise une croissance de 60% en 2016.

L'entrée en Bourse de Symetis sera la quatrième en Suisse cette année. Elle suit celle de l'entreprise de télécommunications Sunrise, la société immobilière Plazza, issue fin juin de la scission d'avec le conglomérat industriel zurichois Conzzeta, et de la société pharmaceutique Cassiopea.

/ATS
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