Ouverture du premier procès d'un trader dans l'affaire du Libor

Ouverture du premier procès d'un trader dans l'affaire du Libor

Photo: Keystone

Un tribunal de Londres juge à partir de mardi un trader accusé d'avoir manipulé le taux de référence Libor. Il s'agit du premier procès dans ce scandale qui a coûté des milliards aux banques et entaché leur réputation.

Tom Hayes, un ancien courtier du numéro un bancaire helvétique UBS puis de sa concurrente américaine Citigroup, va comparaître pendant plusieurs semaines devant le tribunal de Southwark, sur la rive sud de la Tamise, à un jet de pierre de la City.

D'après l'Office britannique de lutte contre la délinquance financière (SFO), Tom Hayes était au coeur d'un système de collusion instauré du milieu à la fin des années 2000 avec d'autres traders des mêmes banques mais aussi d'autres établissements, visant à influer dans leur intérêt le niveau du Libor (London Interbank Offered Rate).

Ce taux interbancaire fixé à Londres sert de référence pour de nombreux produits financiers, du compte épargne le plus classique au produit dérivé complexe, en passant par les emprunts immobiliers, les crédits à la consommation, les prêts aux entreprises et aux autorités publiques - il concerne au total des centaines de milliers de milliards de dollars de transaction par an à travers le monde.

Tom Hayes a plaidé non coupable, tout comme d'autres courtiers inculpés dans cette affaire et qui devraient à leur tour être jugés d'ici à la fin de l'année dans la capitale britannique. Des courtiers sont aussi poursuivis aux Etats-Unis pour des motifs similaires.

Le scandale du Libor, qui a touché de nombreux grands établissements financiers, avait éclaté au grand jour en 2012 lorsque la banque britannique Barclays avait révélé qu'elle devait payer 290 millions de livres pour mettre fin à des investigations au Royaume-Uni et aux Etats-Unis.

D'autres institutions financières (UBS, RBS, Rabobank notamment) ont dû depuis payer des pénalités aux autorités de régulation et judiciaires, notamment aux Etat-Unis et au Royaume-Uni, poumons de la finance mondiale. Dernière en date, l'allemande Deutsche Bank a accepté fin avril de verser une amende globale de 2,51 milliards de dollars (2,36 milliards de francs) aux autorités américaines et britanniques pour échapper à des poursuites pénales dans l'affaire du Libor.

Manipulation de devises aussi

La semaine dernière, le Département américain de la justice a mis fin à l'accord de non-poursuite pénale conclu en 2012 avec UBS dans le libor. La grande banque a accepté de plaider coupable et paiera une pénalité de 203 millions de dollars. A cela s'ajoute une pénalité de 342 millions dans l'affaire des manipulations de devises.

Au total, six grandes banques internationales ont écopé la semaine dernière d'amendes portant sur près de 6 milliards de dollars pour avoir notamment manipulé des taux de change entre 2007 et 2013. Ceci a porté à plus de 9 milliards la facture totale acquittée jusqu'ici par les grands établissements dans cet énième scandale.

/ATS
Partager
Link
Météo
Restez informé

Pour tout savoir sur l'actualité, inscrivez-vous à notre newsletter et recevez chaque soir dès 16h30 toutes les news de la journée.