Martin Beniston: on se dirige au mieux vers 4° de plus d'ici 2100

Martin Beniston: on se dirige au mieux vers 4° de plus d'ici 2100

Photo: Keystone

'Le climat continue de passer au second plan', constate Martin Beniston à quelques mois de la conférence de Paris. Malgré des motifs d'espoir, il pense que l'objectif des 2° est caduc, tablant plutôt sur 4° de plus d'ici 2100 'si nous agissons dès maintenant'.

'Le contexte actuel est assez proche de celui de la Conférence de Copenhague en 2009, année marquée par le début de la crise des crédits hypothécaires à risque: les Etats sont davantage préoccupés par la crise économique (...) que par le réchauffement climatique', note le climatologue dans un entretien publié lundi par la Tribune de Genève.

'Mais il existe des éléments plus favorables', pense-t-il. 'Les mentalités ont changé (...) Et la Chine, qui était un cancre du climat, vient de prendre un virage historique en fixant son pic des émissions 'autour de 2030''.

5 à 6° de plus si on ne fait rien

L'objectif des 2° de réchauffement est encore atteignable 'en théorie, mais je ne pense pas que nous y parviendrons', estime pourtant le directeur des sciences de l'environnement à l'Université de Genève. 'Il faudrait des efforts monumentaux (...) et nous n'en prenons pas la direction'.

'Le coût des investissements à réaliser freine les gouvernements. Le prix de cette inaction risque de se révéler bien plus important que celui de l'action, lorsque les catastrophes naturelles vont se multiplier', relève Martin Beniston.

'Par rapport à l'ère préindustrielle, les températures se sont déjà accrues de 0,85°. Cela laisse peu de marge pour agir. Je tablerai plutôt sur 4° à la fin du siècle si nous commençons à agir maintenant. Sans aucune réaction, cela sera plutôt 5 à 6°.'

'Il faut sortir des énergies fossiles'

'L'essentiel des émissions provient des énergies fossiles. Il faut donc en sortir', résume le climatologue. 'Certains emplois vont se perdre', reconnaît-il, mais 'd'autres vont se créer. Et les entreprises doivent comprendre que l'écologie peut être un avantage concurrentiel'.

'Chacun, au quotidien, peut faire des gestes simples, comme utiliser des produits de basse consommation, mettre des pulls en hiver plutôt que de monter le chauffage et utiliser les transports publics au lieu d'avoir une voiture privée', dit-il.

'Si rien n'est fait, en 2050, un été sur deux pourrait être aussi chaud que celui de 2015', prévient-il.

/ATS
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