Manipulations de change: UBS proche d'un accord avec les Etats-Unis

Manipulations de change: UBS proche d'un accord avec les Etats-Unis

Photo: Keystone

Plusieurs grandes banques, parmi lesquelles UBS et la française BNP Paribas, sont en discussions avancées avec le ministère américain de la Justice pour solder des poursuites sur des soupçons de manipulations de change. Un accord global serait prévu pour mai.

Les négociations se sont accélérées ces dernières semaines avec le département de la Justice (DoJ), a expliqué à l'AFP une source proche du dossier, qui a requis l'anonymat. La pénalité financière serait d'un milliard de dollars par banque pour ne pas poursuivre l'affaire en justice, a également indiqué cette source.

En plus d'UBS, qui a collaboré avec les autorités américaines depuis le début de l'enquête, et de BNP Paribas, les établissements américains JPMorgan Chase et Citigroup ainsi que les britanniques Barclays et Royal Bank of Scotland sont impliqués. Mais les traders de ces banques ne sont pas concernés par ces discussions et devraient, eux, être poursuivis.

Pressions de l'opinion

Les négociations bloquent toutefois encore sur un point crucial: le ministère, très critiqué par le grand public pour n'avoir toujours pas fait de procès contre une seule grande banque depuis la crise, souhaite que ces établissements financiers plaident coupable. Les divisions Criminelle et Antitrust mènent actuellement 'une investigation active', a dit à l'AFP un porte-parole du ministère.

'Nous ne commentons pas les enquêtes en cours. BNP Paribas en tant qu'acteur sur le marché des changes coopère pleinement avec les autorités dans leur enquête et répond aux demandes d'informations', a fait valoir pour sa part une porte-parole de l'établissement français.

JPMorgan, Citigroup et Barclays se sont elles refusées à tout commentaire.

Plusieurs enquêtes

Les autorités américaines reprochent aux cambistes de grandes banques d'avoir utilisé des forums de discussion sur internet et des messageries instantanées pour se concerter de façon indue afin d'infléchir les cours des monnaies. Ces manipulations de change avaient été révélées fin 2013.

UBS, qui avait été la première à coopérer avec les autorités américaines, espérait une immunité comme c'est souvent le cas dans de telles enquêtes. Mais les enquêteurs ont étendu leurs investigations sur des points (niveau d'informations des investisseurs et des tiers, etc.) non couverts par l'immunité, selon la source.

En novembre, un premier volet de l'affaire avait été refermé avec l'imposition d'une pénalité de 4,25 milliards de dollars à un groupe de banques actives sur le marché des changes comprenant UBS, JPMorgan Chase, Citigroup, Royal Bank of Scotland et HSBC avec les régulateurs américains, britanniques et suisses.

De nombreuses grandes banques internationales sont visées dans ce scandale: outre celles suscitées, on retrouve aussi Credit Suisse, Société Générale, Goldman Sachs ou encore Deutsche Bank. Elles ont mis de côté ces derniers mois des milliards de dollars en prévision d'éventuels accords.

/ATS
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