Les objectifs de la politique agricole peuvent être atteints

Les objectifs de la politique agricole peuvent être atteints

Photo: Keystone

L'Office fédéral de l'agriculture tire un bilan encourageant de la première année de mise en œuvre de la politique agricole 2014-2017. Les objectifs fixés peuvent être atteints, affirme-t-il. D'ailleurs, ceux liés à la biodiversité sont déjà remplis.

Ces objectifs sont même sur le point d'être réajustés, prévoit l'Office fédéral de l'agriculture (OFAG) en tirant un premier bilan de la Politique agricole 2014-2017 (PA 14-17). Une décision qui provoque cependant la grogne des associations écologiques.

La volonté de favoriser les mesures environnementales porte ses fruits. Les craintes liées à une éventuelle baisse de la production ne se sont pas vérifiées, a révélé Bernard Lehmann, directeur de l'OFAG, mardi à Berne devant les médias.

Au contraire. 'En 2014, la production de lait et de viande a légèrement augmenté et, en raison de conditions météorologiques favorables, la production végétale a même atteint un niveau record', détaille la rétrospective de l'office.

Comme la PA 14-17 encourage à ménager les ressources, la charge des alpages en bétail estivé a légèrement crû. De nombreuses exploitations agricoles prennent part aux divers programmes de la réforme. La production de lait et de viande basée sur les herbages a rencontré une participation de 70 %.

Les mesures les plus suivies de ces programmes qui contribuent à la qualité du paysage portent sur le maintien des structures comme les arbres, les haies ou les cours d'eau. Elles sont soutenues à hauteur de 18,9 millions, soit plus du quart des contributions.

La diversité dans les grandes cultures, tels que l'assolement diversifié ou encore les cultures colorées bénéficie d'un petit cinquième du soutien public, soit 13 millions. Au total, près de 18'000 exploitations ont conclu des conventions et se partagent quelque 70 millions de francs.

Objectifs atteints, mesures atténuées

Il apparaît ainsi que avantage d'agriculteurs s'engagent pour la biodiversité depuis le début de la réforme, il y a un an et demi. Et les objectifs relatifs aux surfaces de promotion de la biodiversité de moindre qualité sont dès lors déjà atteints.

Conscient de cette tendance l'OFAG a donc ouvert en avril une audition sur le train d'ordonnances agricoles d'automne 2015 qui vise à réajuster les mesures incitatives et à les atténuer. La procédure de consultation se termine vendredi.

Cette décision a provoqué la colère des organisations écologiques. Pro Natura dénonce dans un communiqué 'un OFAG bien trop frileux vis-à-vis de l'USP notamment dans le domaine de l'encouragement de la biodiversité'.

Tandis que Vision Landwirtschaft, qui soutient une agriculture respectueuse de la nature et de l'humain, parle même dans son texte d'un 'retour en arrière par rapport à la réforme' alors que 'les exploitations agricoles sont visiblement prêtes à apporter leur contribution à une agriculture plus durable, si elles sont rémunérées de manière juste'.

Réforme très précise

L'organisation, qui se présente comme un atelier de réflexion de spécialistes indépendants, rejette d'ailleurs 'in globo les modifications d'ordonnances'. Elle appelle à attendre encore un an ou deux afin de mener une évaluation sérieuse des chiffres de participation et de planifier minutieusement les prochaines étapes de la réforme 'au lieu d'entreprendre maintenant de nombreux ajustements pas assez aboutis', écrit-elle.

Les agriculteurs eux aussi jugent prématuré de tirer un premier bilan. Face à ces résultats, l'Union suisse de paysans (USP), hostile dès le début à cette nouvelle politique agricole, reste sceptique. Elle souligne mardi dans une prise de position 'qu'il est impossible d'avoir un aperçu complet des changements et des conséquences qu'elle entraîne pour les exploitations agricoles'.

De son côté l'OFAG se défend de toute régression et soutient coller exactement à son projet. 'La réforme est très précise quant aux buts à accomplir et aux mesures à prendre', explique à l'ats, le porte-parole de l'Office, Jürg Jordi. C'est d'ailleurs un des avantages de cette redistribution: 'elle fixe mesures et instruments'.

En 2014, les exploitations de plaine ont reçu une moyenne de 51'400 francs (-1400 francs par rapport à 2013) de paiements directs, tandis que les exploitations de montagne ont bénéficié de 59'000 francs (+2600 francs) en moyenne. Les paiements directs représentent environ 25 % du chiffre d’affaires d’une exploitation agricole.

Plus ou moins 5000 francs

En raison du nouveau système, le montant des paiements directs par exploitation a donc changé. Les exploitations qui utilisent peu d’aliments concentrés, qui favorisent le bien-être des animaux et la qualité du paysage, qui fournissent des prestations pour le maintien de la biodiversité, qui ménagent les ressources et en font une utilisation efficace reçoivent en principe plus d'aide.

Une contribution de transition a toutefois permis de compenser efficacement cette redistribution, le temps que le milieu s'adapte. Mais 'cet argent restera pour les agriculteurs, lorsque la réforme sera accomplie', précise encore Bernard Lehmann.

/ATS
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