Les montres écologiques ne sont pas une priorité en Suisse

Les marques horlogères japonaises ont une longueur d'avance en matière de montres écologiques. Les horlogers suisses n'en font pas une priorité, la demande étant loin d'exploser. Mais certains, comme Tissot, proposent des modèles se rechargeant à la lumière du soleil.

'Pour le moment, on ne peut pas dire que les montres écologiques que font les Japonais sont un grand succès', a déclaré à l'ats François Thiébaud, membre exécutif de la direction générale du Swatch Group. De plus, il faut savoir que les détaillants ne seraient pas contents si les clients n'avaient plus besoin de changer la pile de leur montre. 'Ce serait un frein pour le réseau de distribution', estime-t-il.

Faire une montre écologique est aussi compliqué, car cela engendre des problèmes technologiques. 'Il n'est ainsi pas possible d'avoir un cadran en émail pour faire une montre solaire', explique le président de Tissot.

'La montre n'est pas un produit polluant en soi. Fondamentalement une montre est faite essentiellement d’éléments biodégradables ou recyclables', estime pour sa part Jean-Christophe Babin, directeur général de Bulgari.

Si Bulgari ne propose pas de produits écologiques (montres, parfums) en tant que tels, elle est très impliquée dans le projet carbone à travers son environnement de vente ou les moyens de transport utilisés.

Swatch Group: 'souci écologique'

Adrian Bosshard, directeur de Certina, précise qu'à la base, la montre mécanique est plus écologique que celle à quartz, puisqu'elle se recharge par le mouvement du corps. Comme la part des modèles mécaniques augmente, on va déjà dans la bonne direction, selon lui.

Au sein du Swatch Group, 'il y a une vraie philosophie de protéger l'environnement. Il y a une réflexion sur l'usage des matériaux, sur la façon dont on produit dans nos usines et sur comment on traite les déchets', a-t-il ajouté.

'De plus, le vert est la couleur de la marque Certina', a fait remarquer en rigolant Adrian Bosshard. Ce dernier a expliqué qu'il y a des projets de mouvements solaires au sein de Swatch Group.

Le porte-parole du numéro un mondial de l'horlogerie, Bastien Buss, renchérit que le souci écologique se traduit au sein du groupe par exemple par des batteries sans mercure chez Renata. Ou par la volonté de la marque Swatch de n'utiliser que très peu de composants, même si les montres sont en plastique.

Du côté de Tissot, la marque locloise propose une T-Touch Solar, soit un modèle avec une batterie rechargeable à l'énergie solaire. Une technologie qui est utilisée pour la Smart Touch, la nouvelle montre connectée de Tissot.

Hublot: bâtiment Minergie

Chez Hublot, le CEO Ricardo Guadalupe précise que la marque est très 'attentive' aux problèmes écologiques. Le nouveau bâtiment inauguré à Nyon (VD) à fin septembre est d'ailleurs aux normes Minergie.

Au niveau des composants de la montre, Hublot a réalisé une montre dont la boîte et le bracelet étaient en lin, de production suisse. 'Avoir des éléments 100% écologiques dans une montre' est quasiment impossible actuellement, observe toutefois Ricardo Guadalupe.

Du côté de Zenith autre marque du groupe de luxe français LVMH, Aldo Magada, directeur général explique que 'nous expurgeons le produit, dans la mesure du possible, de tout ce qui peut rendre le recyclage difficile, mais nous ne faisons pas de recherches pour remplacer les matériaux. Je ne vais pas remplacer l'acier par le bambou'.

Les fabricants horlogers japonais sont précurseurs en termes de montres écologiques. Casio a fabriqué un modèle solaire qui n'a besoin que de quelques minutes au soleil pour se recharger. Citizen a lancé une collection eco-drive, soit des montres qui fonctionnent grâce à la lumière naturelle et artificielle.

De son côté, la marque américaine Sprout se veut écologique. Elle a créé des montres avec des bracelets en peau de poisson, au lieu du cuir. Elle utilise aussi notamment la résine de maïs, le liège, ou le bambou, pour remplacer le plastique. Tous les matériaux utilisés sont renouvelables et biodégradables. A l'époque, Tissot avait déjà connu un beau succès avec sa montre en bois.

Jean-Christophe Babin a rappelé qu'il avait acheté il y a 13 ans une montre à base de ferment de lait à La Chaux-de-Fonds, 'probablement la montre la plus écologique de Suisse'.

/ATS
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