Les élections fédérales dessinent une législature plus polarisée

Les élections fédérales dessinent une législature plus polarisée

Photo: Keystone

La Suisse a viré à droite, résume la presse helvétique au lendemain des élections fédérales. Le coup de force de l'UDC et l'affaiblissement du centre dessinent une législature plus polarisée et compromettent la position d'Eveline Widmer-Schlumpf au Conseil fédéral.

La revanche de l'UDC met la Suisse sous pression, analyse 24 heures. Corollaire, le centre atomisé se délite et avec lui les préoccupations environnementales, constatent lundi d'autres éditorialistes. L'UDC a visiblement capitalisé sur les craintes liées à l’immigration, relèvent notamment La Liberté et Le Temps.

La Suisse se jette dans les bras de la droite dure, explique Le Courrier. Dans une période d’incertitude, les Suisses font ce qu’ils savent le mieux faire: se barricader. Pour le quotidien genevois, 'c’est bien une politique néolibérale et de démantèlement social qui a obtenu un feu vert' dimanche.

'Inutile de se pincer le nez, la Suisse, du moins la moitié des électeurs, a voté à droite, très à droite', note le journal La Côte. L'UDC a le mérite de livrer un message intelligible par tous: la Suisse doit se replier pour sauvegarder ses intérêts, note-t-il.

'Vaste supercherie'

Pour la Tribune de Genève, le succès de l'UDC s'appuie sur l'attitude des candidats au sujet de l'afflux des migrants syriens. 'Au lieu de leurs coups de gueule habituels, (ils) se sont tus. Ils ont même montré de la compassion, sans lâcher sur le fond. Les Suisses pouvaient donc voter UDC sans rougir pour endiguer la montée du péril', observe le journal du bout du lac.

Les Blocher, Köppel et autres Freysinger, génies du marketing, rassurent en cette période d’instabilité migratoire et économique. Ils disent sauver la Suisse en la figeant. Une vaste supercherie mais si bien enrobée, poursuit l'éditorialiste du quotidien genevois. Pour lui, le miracle de la réussite de ce petit pays au milieu de l’Europe tient à sa capacité d’adaptation, non à sa cryogénisation.

Pour l’autre vainqueur du jour, le PLR, son retour est lié à l’après-9 février 2014, estiment quelques quotidiens. 'Face aux incertitudes que cette situation provoque sur l’économie et les emplois, et sur les accords bilatéraux avec l’Union européenne, le PLR a su incarner une voie crédible', formule ainsi 24 heures.

Litanie de référendums

Pour l'Agefi, la progression de l'UDC et du PLR est d’abord symbolique: il s’agit d’un correctif envers la politique tendanciellement désorientée à gauche menée sous la Coupole fédérale depuis quatre ans.

Le résultat du scrutin dessine une future législature plus polarisée, comme en 2003-2007, notent certains éditorialistes. Aux compromis tissés ces dernières années, sur les retraites, l’énergie, les transports, la fiscalité, pourraient succéder des affrontements plus durs.

Equation complexe

Le scrutin de dimanche a aussi fragilisé la situation d'Eveline Widmer-Schlumpf au sein du gouvernement, commentent plusieurs quotidiens. Pour l’instant, le discours des vainqueurs reste courtois, souligne 24 heures, mais la pression promet de monter sur la Grisonne. Sa légitimité ne tient plus qu’à un fil.

'Aujourd’hui, rien n’indique qu’un second membre de l’UDC au Conseil fédéral puisse résoudre l’équation complexe d’un parti incapable de gouverner avec les autres formations politiques', écrit Le Temps.

Si un UDC peut se battre pour les bilatérales, cruciales pour l’avenir du pays, alors oui, un deuxième siège peut revenir à ce parti, ajoute le journal. Mais personne à l’UDC ne semble être raisonnable à ce point, souligne-t-il.

Pas une surprise

Outre-Sarine, la Neue Zürcher Zeitung estime que les victoires de l'UDC et du PLR ne constituent pas une surprise. Elles représentent un 'retour à la normalité'. Lorsque le peuple pense différemment qu'une grande partie du Parlement, des corrections deviennent inéluctables.

La Berner Zeitung n'est pas surprise non plus par les résultats du scrutin de dimanche. En dépit d'une 'victoire modeste', le PLR aura un rôle-clé, analyse de son côté Der Bund. Dans le camp bourgeois, le PLR doit renforcer son rôle de leader, face à l'UDC.

Equation complexe

Le scrutin de dimanche a aussi fragilisé la situation d'Eveline Widmer-Schlumpf au sein du gouvernement, commentent plusieurs quotidiens. Pour l’instant, le discours des vainqueurs reste courtois, souligne 24 heures, mais la pression promet de monter sur la Grisonne. Sa légitimité ne tient plus qu’à un fil.

'Aujourd’hui, rien n’indique qu’un second membre de l’UDC au Conseil fédéral puisse résoudre l’équation complexe d’un parti incapable de gouverner avec les autres formations politiques', écrit Le Temps.

Si un UDC peut se battre pour les bilatérales, cruciales pour l’avenir du pays, alors oui, un deuxième siège peut revenir à ce parti, ajoute le journal. Mais personne à l’UDC ne semble être raisonnable à ce point, souligne-t-il.

'Score spectaculaire'

Dans le canton de Neuchâtel, les électeurs ont 'privilégié des personnalités bien typées politiquement', résument pour leur part l'Express et l'Impartial. Les deux quotidiens relèvent le 'score spectaculaire' du popiste Denis de la Reussille. 'Reste à savoir comment le nouveau parlementaire popiste, seul de son parti sous la coupole, pourra éviter de se retrouver trop isolé.'

Les Suisses ont livré un message clair pour ce qui est du Conseil national, résume Le Matin: 'A droite toutes, donc'. Pour le Nouvelliste, le scrutin révèle deux gagnants. L'UDC, devenu le deuxième parti du Valais, et le PDC qui a réussi à stopper son érosion et à se trouver un nouveau leader avec Yannick Buttet. Pour le quotidien valaisan, les deux perdants sont la gauche et le PLR Jean-René Germanier, ce dernier étant évincé du Conseil national.

Ce dimanche électoral a infligé une 'superbaffe' à Pierre Kohler, nettement battu aux Etats, écrit enfin le Quotidien jurassien. Pour le journal de Delémont, ce piètre résultat s’explique par le ras-le-bol des Jurassiens devant ses caprices politiques.

Livres d'histoire

Les éditorialistes alémaniques évoquent aussi l'avenir d'Eveline Widmer-Schlumpf (PBD). 'Si la Grisonne renonce à un troisième mandat au profit de l'UDC, elle s'offre une chance d'occuper une place de choix dans les livres d'histoire', commente notamment Der Bund.

La Berner Zeitung écrit qu'en exprimant le souhait d'obtenir deux sièges au Conseil fédéral, le président de l'UDC Toni Brunner veut revenir à 'l'ancienne formule magique de la concordance arithmétique.'

'Droit légitime'

Si l'UDC présente un candidat valable, le Parlement devrait prendre le verdict du peuple au sérieux et l'UDC respecter ses devoirs, souligne l'Aargauer Zeitung. Enfin, pour la NZZ, le résultat de ces élections doit faciliter le respect 'du droit légitime de l'UDC à un deuxième siège au gouvernement'.

/ATS
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