Les directeurs financiers toujours moroses, malgré un léger mieux

Les directeurs financiers toujours moroses, malgré un léger mieux

Photo: Keystone

Le moral des directeurs financiers (CFO) reste maussade, malgré une légère amélioration. Une majorité des 111 responsables interrogés (41%) estime que les perspectives économiques de la Suisse sont mauvaises pour les douze prochains mois.

Cette évaluation négative est cependant en baisse par rapport aux trois mois précédents (60%), relève le cabinet de conseil Deloitte dans son sondage au deuxième trimestre, publié dimanche. Cette tendance se reflète dans les prévisions de récession des CFO: un sondé sur quatre estime que la Suisse fera face à un ralentissement de l'activité dans les deux prochaines années. Ils étaient encore plus d'un tiers à le penser lors du premier trimestre.

'Cette sensible amélioration ne compense que légèrement la perte vertigineuse de confiance que nous avons observée lors du premier trimestre 2015', souligne Michael Grampp, chef économiste auprès de Deloitte. 'Cette année va être difficile pour l'économie suisse, même s'il est probable qu'une récession sévère puisse être évitée'.

Baisse des marges

Quoique légèrement plus optimistes qu'au trimestre précédent, les perspectives pour les entreprises restent également négatives. Une majorité des CFO interrogés prévoit une baisse des revenus (53%) et des marges opérationnelles (73%) au cours de l'année à venir.

Les sociétés helvétiques font encore face aux conséquences de l'abandon du taux plancher de l'euro et l'incertitude persiste, note Deloitte. Une grande majorité des directeurs financiers (75%) évalue le niveau d'incertitude de l'environnement économique et financier comme très élevé. Un résultat en légère baisse par rapport au premier trimestre (80%).

Vigueur du franc

La vigueur du franc suisse reste ainsi en tête des préoccupations (70%), suivie des risques géopolitiques (59%) et des réglementations croissantes pour les entreprises (52%). A l'exception de la détérioration des flux de trésorerie (47%), les risques internes ne sont pas perçus comme importants dans l'environnement actuel.

Par conséquent, les entreprises déboursent leur argent avec prudence, les CFO s'attendant à une réduction des dépenses discrétionnaires, d'investissement et de personnel. Plus de quatre entreprises sur cinq (82%) prévoient ainsi de réduire leurs frais de personnel dans un avenir proche.

'Dans ce contexte de vigueur soutenue du franc suisse, les mesures de protection de la compétitivité sont vitales', note encore M. Grampp. Selon ce dernier, cela peut se traduire par des baisses de coûts, comme une réduction du personnel ou une délocalisation, 'mais les entreprises peuvent également tirer parti de l'innovation'.

Selon l'étude de Deloitte, 56% des CFO prévoient d'augmenter leurs dépenses en matière d'innovation au cours des trois prochaines années. 'C'est un chiffre encourageant, mais il faudrait que davantage d'entreprises reconnaissent l'importance de l'innovation et investissent dans les nouvelles technologies pour préserver le haut niveau actuel de compétitivité des sociétés helvétiques et de l'économie suisse', conclut Michael Grampp.

/ATS
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