Le sort de Notre-Dame des Landes scellé ce dimanche

Victoire du

Photo: Keystone

Les habitants de Loire-Atlantique ont massivement dit 'oui' dimanche à l'aéroport de Notre-Dame-des-Landes. Ils ont soutenu le projet à 55,17% lors d'une consultation inédite en France, voulue par l'exécutif pour sortir de l'impasse ce dossier vieux de 50 ans.

La participation s'est établie à 51,08%. Sur la commune de Notre-Dame-des-Landes, le 'non' est arrivé en tête avec 73,57% des 1150 suffrages exprimés. Mais dans une des deux communes qui accueillent l'actuel aéroport, Saint-Aignan-de-Grandlieu, la proportion est pratiquement inversée.

'C'est un résultat sans aucune ambiguïté (...) qui oblige le gouvernement à engager les travaux' de construction de l'aéroport, a déclaré Philippe Grosvalet, président PS du conseil départemental de Loire-Atlantique. Il a appelé Europe Ecologie-Les Verts (EEV) qui milite pour l'abandon du projet, à respecter le résultat de cette consultation inédite.

Le président de la région Pays de la Loire, Bruno Retailleau (LR), et président du Syndicat mixte aéroportuaire chargé de ce projet d'infrastructure, a lui aussi salué la 'victoire du bon sens'. 'J'attends de savoir où seront les vrais démocrates', a-t-il aussi ajouté. 'Il faut désormais agir vite', a-t-il encore réclamé devant la presse. Bruno Retailleau doit être reçu lundi par le Premier ministre Manuel Valls.

'Ce nouvel aéroport est une chance pour ce territoire et ses habitants', a indiqué ce dernier dans un communiqué publié à l'issue des résultats. Il a prévenu que les occupants illégaux du terrain devraient 'partir' d'ici le début des travaux à l'automne.

Combatifs

Afin de bloquer les travaux, quelque 200 opposants se sont installés depuis 2009 dans des logements de fortune en pleine nature sur cette 'zone d'aménagement différée' (ZAD) rebaptisée 'zone à défendre'. Ces 'zadistes' contestent à la fois les conséquences environnementales du projet et un manque de démocratie locale dans son élaboration.

Ils avaient pour leur part annoncé qu'ils ne partiraient pas. Et ce quel que soit le résultat de la consultation. Position confirmée dimanche soir dans un communiqué du mouvement anti-aéroport, après les résultats du vote.

'Cette lutte se poursuit dès ce soir', ont lancé les représentants de la coordination des opposants, dans une déclaration lue à plusieurs voix dans une ambiance combative. Ils ont appelé 'tous les soutiens partout en France à se mobiliser et redoubler de vigilance dans les semaines à venir'.

'Biaisée'

Dénonçant une consultation 'biaisée' et 'illégitime', notamment en raison de son périmètre réduit au seul département de Loire-Atlantique, réputé plus favorable au 'oui', des associations et des particuliers avaient tenté de faire annuler le scrutin en justice. Sans succès.

Ces associations, ainsi qu'EEV et le Parti de gauche, avaient donc annoncé qu'ils ne respecteraient qu'un seul résultat, la victoire du 'non'. 'Si c'est oui, ce sera pour nous toujours non. Et si c'est non, il faudra qu'ils respectent les promesses', a résumé Jean-François Pellissier, porte-parole d'Ensemble!.

Sophie Bringuy, coprésidente du groupe écologiste au Conseil régional, a mis le gouvernement en garde contre la tentation de passer en force: 'Dans le climat actuel, appeler et procéder à l'évacuation violente de la Zad, après une consultation illégitime, serait irresponsable', a-t-elle estimé dans un communiqué.

Seule voix discordante dans le camp des opposants au projet, le MoDem de Loire-Atlantique a appelé 'l'ensemble des démocrates et des républicains à reconnaître dans cette consultation la volonté de la majorité'. Il souhaite que 'les travaux commencent dans le calme'.

'Consultatif'

Les 967'500 électeurs du département étaient invités à répondre s'ils étaient 'favorables au projet de transfert de l'aéroport de Nantes-Atlantique sur la commune de Notre-Dame-des-Landes'. Un avis 'consultatif' selon la loi mais que le président François Hollande et le Premier ministre Manuel Valls se sont engagés à suivre.

Le projet de transférer l'actuel aéroport de Nantes-Atlantique, au sud de la ville, vers le site de Notre-Dame-des-Landes, à 20 km au nord, est soutenu par les milieux économiques et les collectivités locales. Il se heurte toutefois depuis de nombreuses années à une farouche résistance sur le terrain, et devant les tribunaux. Le projet, né dans les années 60, a été déclaré d'utilité publique en 2008.

Première du genre en France, cette consultation locale avait été annoncée le 11 février par François Hollande, dans l'optique de trancher ce dossier, qui empoisonne depuis le début de son quinquennat les relations entre socialistes et écologistes.

/ATS
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