« Le service public aurait dû être défini avant le scrutin »

Photo: Keystone

Le rôle du service public en radio-télévision et de la SSR aurait dû être redéfini avant de faire voter les Suisses sur le mode de perception de la redevance. Dans l'attente du résultat du scrutin, les opposants ont à nouveau justifié leur position.

La discussion n'a pas commencé au bon endroit. Il aurait fallu parler du contenu des programmes, et déterminer les tâches de la SSR avant de changer la manière d'encaisser la taxe, a dit en substance dimanche à la télévision RTS le conseiller national Jean-François Rime (UDC/FR), l'un des chefs de file du comité du 'non', et président de l'Union suisse des arts et métiers (usam).

'Je ne comprends pas qu'on parle du mode de perception d'abord', a abondé Nicolas Leuba, membre du comité central de l'Union professionnelle suisse de l'automobile (UPSA). Et de donner sa vision de la SSR: 'de l'actualité, de la culture et beaucoup d'émissions sportives, nécessaires pour montrer ce qui fait la Suisse romande'.

Nombre de questions ont semé la confusion dans le débat, a reconnu Gilles Marchand. 'Il faudra traiter ces interrogations. Je plaiderai dans le débat à venir pour un service public généraliste.'

Le directeur de la RTS a évoqué, parmi les raisons qui ont motivé les citoyens à écarter la révision de la loi, 'une mentalité qui pousse à ne vouloir payer que ce que l'on consomme'. 'Cela pourrait créer un vrai problème de société.'

Pas de taxes sur les entreprises

Les votants qui ont glissé un 'non' dans l'urne ont en outre refusé un nouvel impôt sur les entreprises, a affirmé le conseiller national Christian Wasserfallen (PLR/BE). Une analyse relayée également par Jean-François Rime: 'aujourd'hui, 15% des firmes paient 40 millions de francs. A l'avenir, les sociétés devraient payer 200 millions.'

'Je ne voulais pas de nouvel impôt sur les PME', a renchéri Nicolas Leuba. 'Doris Leuthard a épargné les toutes petites entreprises et les toutes grandes, mais elle voulait que le gros du paquet paie', s'est insurgé Jean-François Rime.

Pour ou contre la SSR et Billag

Beaucoup de citoyens ont voté pour ou contre la SSR, ou pour ou contre Billag, ont fait remarquer plusieurs intervenants présents sur le plateau de la RTS. 'Nous n'avons pas assez bien expliqué aux gens l'objet sur lequel porte réellement la votation', a reconnu Olivier Français, conseiller national (PLR/VD).

'Des cantons à majorité PDC comme le Valais rejettent la révision alors que les démocrates-chrétiens ont fait campagne pour le 'oui'', a poursuivi le député vaudois. 'Nous ne nous sommes pas engagés suffisamment', a admis Yannick Buttet, conseiller national (PDC/VS).

Pas de 'Röstigraben'

Concernant un possible 'Röstigraben', le politologue de l'Université de Genève Pascal Sciarini a estimé 'qu'il n'y en avait pas'. Les cantons romands ont certes majoritairement accepté l'objet, à l'inverse des Alémaniques, mais 'si on considère les écarts de voix, il n'y a pas de fossé entre régions linguistiques'.

/ATS
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