Le procès Cahuzac s'ouvre sur une bataille de procédure

Le procès Cahuzac s'ouvre, l'ex-ministre risque sept ans de prison

Photo: Keystone

Ancien ministre français du budget et pourfendeur de la fraude fiscale, Jérôme Cahuzac fait face depuis lundi à la justice pour de l'argent caché à l'étranger et notamment en Suisse. Il risque jusqu'à sept ans de prison.

Disparu de la scène politique après le scandale retentissant qui avait ébranlé au printemps 2013 la présidence de François Hollande, c'est un homme de 63 ans 'brisé' qui s'est présenté à la barre du tribunal correctionnel de Paris. Des commentateurs ont évoqué le terme de 'prince déchu'.

Costume sombre sur chemise blanche, Jérôme Cahuzac est arrivé seul lundi devant une meute de journalistes. La presse a d'ailleurs qualifié ce procès 'd'énorme mensonge' ou de 'Pinocchio de Bercy', en référence au nom du siège du ministère français des Finances.

'Je suis retraité', a d'abord précisé d'une voix neutre l'intéressé à ses juges. L'ancienne étoile montante de la gauche pourrait échapper temporairement à l'opprobre public: sa défense entend en effet contester le cumul des sanctions pénales et fiscales.

Si le Conseil constitutionnel en est saisi, le procès sera reporté de plusieurs mois. Les débats sont prévus pour durer jusqu'au 18 février. Le tribunal dira mercredi s'il peut être jugé comme prévu ou si le procès est reporté pour prendre en compte des questions de la défense sur la conformité des poursuites à la Constitution.

Aveux devant l'évidence

Lorsqu'il est mis en cause fin 2012, le chevalier blanc de la lutte contre la fraude fiscale commence par tout nier. 'Les yeux dans les yeux' des médias, des députés et du président, avait-il alors dit. Mais les preuves se sont accumulées avant de passer aux aveux.

Acculé à la démission en mars 2013, Jérôme Cahuzac a renoncé à tous ses mandats et quitté précipitamment la politique. Ses confidences sont rares, mais le déni n'est jamais loin. 'J'ai construit ma vie politique de façon scrupuleusement honnête', affirmait-il encore en 2014, mais accepter de devenir ministre a été 'l'erreur de ma vie'.

Banque Reyl impliquée

L'ex-responsable est jugé avec son épouse dans ce dossier. Le directeur de la banque privée genevoise Reyl et Cie, François Reyl, et un avocat basé à Dubaï font également partie des accusés. Jérôme Cahuzac risque jusqu'à sept ans de prison et un million d'euros d'amende.

L'argent dissimulé au fisc français par l'ancien ministre provenait d'une clinique spécialisée dans les implants capillaires, officine que ce chirurgien de formation tenait avec sa femme. Sa masse financière cachée était également tirée de revenus issus d'activités de conseils auprès de laboratoires pharmaceutiques.

/ATS
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