Le parlement neuchâtelois adopte un budget 2016 remanié

Le parlement neuchâtelois adopte un budget 2016 remanié

Photo: Keystone

Le Grand Conseil neuchâtelois a adopté jeudi le budget 2016. Toujours déficitaire, il a été remodelé par la droite. Les députés l'ont avalisé par 59 voix contre 29 et 21 abstentions, avec des mécontents quasiment de tous côtés.

Au terme d'une session ardue, le budget voté comporte un déficit de 14,4 millions de francs (au lieu d'un peu moins de 12 millions au budget initial), pour des charges de 2,2 milliards.

La majorité UDC-PLR de la commission financière avait fait modifier certaines prévisions de revenus et charges trop optimistes. Les recettes fiscales sont revues à la baisse et les frais des hospitalisations hors-canton à la hausse. Le montant attendu de la part de la BNS est par contre maintenu même s'il est jugé risqué.

Du coup, pour pouvoir contenir le déficit malgré les diverses corrections, la droite a voulu économiser davantage que le gouvernement, au grand dam de la gauche.

HNE et Uni épargnés

Au final, après de vifs échanges, le Grand Conseil a tout de même refusé une coupe d'un million de francs en défaveur d'Hôpital neuchâtelois dans les prestations d'intérêt général. Quelques vert'libéraux et libéraux-radicaux ont fait pencher la balance en votant comme la gauche, jugeant que HNE fournit déjà de gros efforts.

Le même schéma de vote s'est dessiné pour l'Université, qui évite une coupe de 1,3 million de francs. Cette mesure risquait d'empêcher l'institution de remplir le mandat d'objectif que lui avait attribué ce même parlement, ont souligné tant le Conseil d'Etat que la gauche.

Par contre, le personnel de l'Etat n'échappe pas au plafonnement des effectifs, ni à la limitation de la hausse de la masse salariale. Le PS a tenté en vain un amendement pour empêcher cette dernière, malgré un compromis du gouvernement accepté par la droite (indexation négative des salaires à l'inflation de 0,8% et non 1,2%).

L'Etat économisera aussi 10% dans les dépenses en mandats, études et expertises. En revanche, parmi les sujets sensibles, la droite a renoncé à une coupe dans les subventions aux institutions spécialisées pour adultes.

Bibliobus: un compromis

Quant au Bibliobus, la subvention cantonale est biffée, mais l'Etat fournira une aide le temps de trouver une solution intercommunale. Le groupe PopVertSol pourrait lancer un référendum, encouragé par les 20'000 signatures récoltées par une pétition de soutien.

Côté fiscalité, le Grand Conseil a accepté de freiner l'application de la réforme en faveur des familles. Il a par contre refusé la proposition PopVertSol de marquer une pause dans la réforme en faveur des entreprises.

Le canton a ainsi ficelé un budget en dépit d'une atmosphère chaotique au fil des dernières semaines. En commission, la droite avait d'abord rejeté le budget initial, ce qui a donné lieu à des négociations complexes et tendues.

Elle a eu un comportement 'politicard' et 'manichéen', ont dénoncé les socialistes lors de l'entrée en matière mardi. Le Conseil d'Etat à majorité socialiste a lui aussi déploré une certaine 'brutalité'.

Le PLR s'est défendu d'avoir voulu jouer les gros bras: 'Il fallait tirer le frein à main'. Dans sa première version, le budget était 'totalement artificiel et irréaliste', s'écartant de la réalité par plus de 40 millions de francs, a renchéri l'UDC.

/ATS
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