Le chef du gouvernement tessinois imagine fermer la frontière

Le chef du gouvernement tessinois imagine fermer la frontière

Photo: Keystone

Le nombre de demandeurs d'asile entrant au Tessin a clairement augmenté ces derniers jours. Le chef du gouvernement tessinois Norman Gobbi réfléchit à une fermeture temporaire de la frontière. De son côté, le Secrétariat d'Etat aux migrations (SEM) se veut rassurant.

'Si l'afflux de réfugiés depuis l'Italie continue, nous devons fermer temporairement la frontière', déclare Norman Gobbi dans la NZZ am Sonntag. 'C'est la seule façon pour la Suisse de faire pression sur les pays qui ne respectent pas leurs obligations'.

'Nous accomplissons le travail pour l'Italie et l'Union européenne, notamment avec l'identification des migrants', dit le chef du gouvernement tessinois dans un entretien au journal Schweiz am Sonntag. Il estime que dans le domaine de l'asile, le Tessin est de fait 'la frontière sud de l'Allemagne'.

Norman Gobbi demande davantage de gardes-frontière à la Confédération. 'Nous devons donner un signal en arrêtant les clandestins à la frontière sud pour les renvoyer'.

Réintroduction des contrôles

Pour le Secrétariat d'Etat aux migrations, les critères d'une réintroduction temporaire des contrôles à la frontière ne sont pas remplis. Dans une prise de position envoyée dimanche à l'ats, le SEM rappelle que d'après les accords de Schengen, cette décision ne peut être prise qu'en cas de 'menace grave' pour l'ordre public ou la sécurité intérieure. Or, 'ces conditions ne sont pas remplies'.

Cependant, de concert avec le SEM, le Corps des gardes-frontières (Cgfr) a pris les mesures nécessaires 'pour maintenir la situation à la frontière sud sous contrôle'. La présence des gardes a été renforcée, des collaborateurs d'autres régions de Suisse ayant été transférés au Tessin.

De plus, le Secrétariat d'Etat aux migrations et les cantons ont augmenté les capacités d'accueil. Trois abris de la protection civile ont été temporairement mis en service au Tessin et deux en Suisse alémanique, à Bâle et Kreuzlingen (TG). D'autres ouvertures sont actuellement à l'étude.

'Jusqu'à présent, toutes les personnes qui se sont présentées dans un centre d'accueil à leur arrivée ont pu être accueillies, y compris en fin de semaine', assure dimanche Gaby Szöllösy, responsable de la communication au SEM.

Sélection des requérants

Face à l'afflux croissant de migrants, le président du PLR Philipp Müller ne pense pas qu'il faille renforcer la frontière. Il propose plutôt une sélection précoce des demandeurs d'asile, si possible dans des camps hors de l'Europe.

'Nous ne pouvons pas rendre la frontière étanche, c'est illusoire', déclare M. Müller dans un entretien à la NZZ am Sonntag. Il faut se concentrer sur un autre point: le problème fondamental est que le droit d'asile international est basé sur un régime désuet.

Une personne a le droit à l'asile si sa vie et son intégrité physique sont menacées par une institution étatique. Or, cela ne concerne qu'une minorité de requérants: une grande partie d'entre eux fuient la guerre, d'autres migrent pour des raisons économiques.

Camps de sécurité

'Nous faisons suivre à des milliers de personnes une procédure d'asile classique qui ne correspond pas à leur situation, ce qui surcharge notre système', estime Philipp Müller. L'important, c'est de proposer une protection temporaire à ceux qui fuient la guerre, sans les frais qu'implique une procédure d'asile.

Et le conseiller national argovien d'avancer l'idée de camps à proximité du pays d'origine, où les réfugiés pourraient s'installer jusqu'à ce que la paix revienne dans leur patrie.

'La sélection entre ceux qui obtiennent l'asile en Europe et les autres devrait se faire dans ces camps de sécurité', selon le président du PLR. Et ceux qui parviennent à gagner l'Italie ou la Grèce devraient être renvoyés dans les camps.

La Suisse fait face à un nouvel afflux de requérants d'asile à sa frontière sud. De janvier à mai, 3150 migrants clandestins ont été interpellés à la douane de Chiasso (TI), soit près de la moitié (45%) de tous les cas enregistrés en Suisse. Durant les deux premières semaines de juin, 610 personnes sont arrivées.

/ATS
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