Le Parlement ne veut pas de l'initiative dite « vache à lait »

Le Parlement ne veut pas de l'initiative dite

Photo: Keystone

L'initiative dite 'vache à lait' est injuste, menace les finances publiques et ne réduira pas les bouchons. Comme le Conseil des Etats, le National a rejeté mercredi par 97 voix contre 65 le texte du lobby routier et refusé de le lier au fonds de financement routier.

L'initiative populaire 'pour un financement équitable des transports' veut reverser l'entier du produit de l'impôt sur les huiles minérales à l'infrastructure routière, soit environ 3 milliards de francs. Seule la taxe prélevée sur les carburants d'aviation ne reviendrait pas aux automobilistes.

La moitié de l'enveloppe en question va actuellement dans la caisse générale de la Confédération. Une attribution que contestent les partisans du texte, majoritairement issus des rangs de l'UDC et du PLR: l'argent de la route doit aller à la route. 'Toute autre utilisation est injuste', a dénoncé Walter Wobmann (UDC/SO), membre du comité d'initiative.

Au fil des cinq heures de débat, les défenseurs de l'initiative rappellent le retard dans la constructions des routes, responsable des bouchons qui paralysent quotidiennement certaines autoroutes. Et de réclamer tout l'argent qui leur est dû afin de résoudre ces problèmes.

Stratégie passéiste

C'est une stratégie passéiste car c'est sur la complémentarité des transports privé-public que la politique s'oriente actuellement, estiment les opposants au texte. De plus, la construction de nouvelles routes induit davantage de trafic.

La perspective d'un trou d'1,5 milliard de francs dans les caisses de la Confédération a également été massivement critiquée. La revendication de l'initiative a été qualifiée 'd'irresponsable', de 'peu sérieuse' ou de 'dangereuse'.

Il sera impossible de mettre en oeuvre l'initiative sans couper dans tous les domaines, voire sans augmenter les impôts, a déploré Viola Amherd (PDC/VS).

Le Conseil fédéral combat lui aussi le texte. Pour la conseillère fédérale Eveline Widmer-Schlumpf, l'initiative est ainsi conçue qu'il manquera 1,5 milliard du jour au lendemain. 'Ce ne sont pas que des menances, mais une constatation', a précisé la ministre des finances.

Refus des pressions

En fin de matinée, les députés ont refusé de renvoyer l'initiative en commission afin de la traiter en même temps que le Fonds pour les routes nationales et le trafic d'agglomération (FORTA). La gauche a dénoncé une manoeuvre de la droite pour édulcorer ce projet.

Ses partisans ont admis vouloir ainsi que FORTA 'évolue dans le bon sens'. Estimant les demandes des initiants trop extrémistes pour pouvoir être intégrées dans le projet, la Chambre du peuple a refusé de justesse, par 93 voix contre 91, de céder à leurs pressions.

/ATS
Partager
Link
Météo
Restez informé

Pour tout savoir sur l'actualité, inscrivez-vous à notre newsletter et recevez chaque soir dès 16h30 toutes les news de la journée.