Le Human Brain Project entre dans sa phase opérationnelle

Le Human Brain Project entre dans sa phase opérationnelle

Photo: Keystone

Le Human Brain Project, programme de recherche sur le cerveau piloté par l'EPFL, passe à la vitesse supérieure. Mercredi, les responsables du projet ont annoncé à Genève la mise en route de leurs plates-formes collaboratives.

Ces plates-formes, ouvertes à la communauté scientifique, sont des instruments qui permettront le partage et la compilation de données, l'accès à des outils et des simulations sur le cerveau. Les choses deviennent concrètes, a relevé devant la presse le neurobiologiste français Jean-Pierre Changeux.

Au total, six plates-formes de recherche ont été créées. La plate-forme de neuroinformatique doit permettre l'enregistrement et l'analyse de données en neurosciences. Une autre plate-forme est dédiée à la reconstruction et à la simulation du cerveau. Une troisième est capable de traiter de grands volumes de données.

Une autre est centrée sur la recherche sur les maladies du cerveau avec l'analyse de données réelles de patients. Un cinquième axe est consacré à la réalisation de systèmes informatiques qui émulent les microcircuits du cerveau. Enfin, la plate-forme neurobiotique vise à connecter des modèles virtuels de cerveau à des robots.

Pour faire fonctionner ces structures collaboratives, des capacités informatiques importantes sont nécessaires. Des super ordinateurs dans toute l'Europe ont été mis en réseau. Ces plates-formes ouvrent de nouvelles pistes d'analyse du cerveau. Elles seront évolutives et se développeront en fonction des besoins des utilisateurs.

Grande complexité

Cette collaboration à grand échelle et l'implication du monde scientifique est importante pour le programme Human Brain Project. Le champ de recherche est en effet très complexe. Simuler un cerveau, par exemple, est une tâche extrêmement compliquée, a fait remarquer la professeure suédoise Jeanette Hällgren.

La construction d'un ordinateur calqué sur le fonctionnement du cerveau demande aussi d'importantes compétences. Il faut inventer une nouvelle architecture, a souligné le physicien allemand Karlheinz Meier, de l'Université de Heidelberg. Une telle réalisation ouvrira la voie à de nouvelles applications.

Le Human Brain Project (HBP) vise à mieux comprendre le fonctionnement du cerveau et aider à la progression des neurosciences. L'objectif à plus long terme est également de trouver des traitements contre les maladies qui l'affectent et qui font peser un fardeau important sur la société, a noté M.Changeux.

Le HBP, qui est un projet financé par l'Union européenne, doit durer 10 ans. Il a commencé en 2013 et implique des scientifiques de pointe dans plus de 100 universités et centres de recherche en Europe.

/ATS
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