Le Brexit met Genève en retrait par rapport au reste de la Suisse

Le Brexit met Genève en retrait par rapport au reste de la Suisse

Photo: Keystone

Le Brexit devrait empêcher Genève, en récession, de s'aligner sur la croissance suisse en 2016. En cause, une révision à la baisse de la stabilisation des taux de change, facteur important pour son économie, selon la BCGE. Le recul pour la Suisse est estimé à 0,2%.

'Genève est en retrait par rapport au reste de la Suisse', a affirmé mardi devant la presse l'économiste en cheffe de la Banque cantonale de Genève (BCGE) Valérie Lemaigre. La variable des taux de change et et les taux d'intérêt devraient être impactés.

A court terme, les conséquences directes pourraient être plus élevées à Genève que le recul de 0,2% évalué pour la Suisse, en raison des effets commerciaux et des taux de change, selon les experts de la BCGE. Problème et situation hautement probable, des effets indirects devraient aussi avoir lieu et il est trop tôt pour les évaluer, dit Mme Lemaigre.

Britanniques moins âgés visés

Une troisième possibilité, celle d'autres retraits de l'UE, est évoquée par les marchés mais peu probable, selon elle. Préoccupation, les Britanniques moins âgés qui consomment et constituent la majorité des entrepreneurs ont voté pour le maintien dans l'UE.

Genève pourrait de son côté bénéficier d'attractivité sur les matières premières où elle est en concurrence avec Londres. Mais les effets indirects se feront malgré tout sentir.

Les exportations de Genève vers le Royaume-Uni sont supérieures en proportion à celles de la Suisse, à 8% contre 5%. Les importations sont en revanche plus élevées depuis ce pays vers la Suisse dans son ensemble, à 13% contre 9% vers Genève. Mais près de 80% d'entre elles sont liées à l'or, peu impacté.

Signaux moins favorables pour Genève

D'une croissance de 1,4% envisagée en début d'année pour 2016, le scénario de travail de la banque atteint désormais 0,9%, à condition que des mesures soient prises. Contre un taux de 1,2% pour la Suisse.

Genève est actuellement en récession et la croissance négative a atteint au premier trimestre 0,4%. 'Il faudra réfléchir à l'idée de récession dans un environnement de taux négatifs', dit toutefois le patron de la banque Blaise Goetschin. Le canton a souffert notamment dans le secteur financier. Une activité qui souvent 'se normalise facilement', mais qui a été confrontée au choc des taux d'intérêt.

Sur les exportations horlogères et pharmaceutiques, les signaux d'améliorations en Suisse ne se faisaient pas encore sentir à Genève 'parce que les facteurs financiers ne se sont pas encore stabilisés'. Notamment dans le lien avec l'Asie. Mais les possibilités d'investissement s'amélioraient avant le Brexit.

La variable emploi s'était elle stabilisée. Le taux de chômage est estimé à 5,4% pour 2016 et 5,6% en 2017. Contre 3,4 et 3,6% pour l'ensemble de la Suisse. Près de 28'000 emplois sont liés à des entreprises britanniques en Suisse. Dont un certain nombre à Genève où un solde migratoire neutre a récemment été constaté.

Offre élargie attendue

Pour 2017, la croissance suisse devrait s'établir à 1,4%. Toujours supérieure à Genève où elle devrait atteindre 1,1%.

Dans cet environnement, la BCGE souhaite élargir son offre digitale, extension neutre sur le plan de l'emploi, selon M. Goetschin. Un coffre-fort numérique sera lancé dans quelques mois. Dès cet été, les clients institutionnels ou les entreprises pourront s'appuyer sur une nouvelle plateforme de transactions de change pour les opérations les plus complexes qui permettra d'aller chercher le meilleur prix dans le marché.

Mais aussi d'un outil pour les gérants indépendants. Une solution de paiement mobile sera proposée début 2017 à l'ensemble des clients.

/ATS
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