La nocivité des particules fines secondaires démontrée

La nocivité des particules fines secondaires démontrée

Photo: Keystone

Des chercheurs de l'Université de Berne et de l'Institut Paul Scherrer ont démontré que les particules fines secondaires endommagent le tissu pulmonaire et affaiblissent ses fonctions en défense. Et ce, même si la poussière fine est émise par un moteur récent.

Depuis plus de 10 ans, des études montrent que les particules présentes dans l'atmosphère sous forme de poussière fine ont des conséquences néfastes sur la santé, rappelle l'Université de Berne dans un communiqué diffusé lundi. Selon le dernier rapport de l'Organisation mondiale de la santé, 7 millions de personnes sont décédées prématurément en 2012 des suites de l'exposition à la pollution atmosphérique.

Si les poussières directement émises depuis un moteur ont été abondamment étudiées, celles transformées par la lumière du Soleil, dites particules fines secondaires, l'ont nettement moins été. Elles peuvent pourtant représenter jusqu'à 90% de l'ensemble des poussières fines. Des scientifiques placés sous la direction de Marianne Geiser, chercheuse en pneumologie, et Josef Dommen, chercheur spécialiste des aérosols, ont donc choisi de se pencher plus particulièrement sur la toxicité de ces poussières fines secondaires.

Celles-ci ne dépassent pas un millième de millimètre. Lorsqu'elles sont inhalées, elles se déposent en grande partie dans les voies respiratoires. Toutefois, un système immunitaire du poumon bien développé met hors d'état de nuire ces dépôts avant de les évacuer.

Cependant, les systèmes immunitaires des personnes asthmatiques, atteintes de broncho-pneumopathie chronique obstructive ou de fibrose kystique peuvent être déjoués par ces particules. Il en résulte un risque des dommages irréparables du tissu pulmonaire.

Pas de valeur seuil

Comme les chercheurs ne pouvaient pas mener des expériences sur des profils présentant des risques, ils ont travaillé en laboratoire avec un moteur à essence répondant aux normes européennes de 2009, une chambre à smog et différentes cultures cellulaires. Résultat: dans toutes les cultures cellulaires, les chercheurs ont pu démontrer une augmentation de la mort cellulaire liée à la dose de particules. Il n'y aurait donc pas de valeur seuil identifiable.

Par ailleurs, ces mêmes cellules victimes des particules fines secondaires ont libéré moins de médiateurs inflammatoires, dont l'importance est essentielle pour nos défenses immunitaires. L'effet dépendrait de la dose, estiment les chercheurs, dont les travaux, soutenus par le Fonds national suisse, ont été publiés dans la revue 'Nature Scientific Reports'.

/ATS
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