La mission ExoMars 2016 a décollé avec du matériel suisse à bord

ExoMars en route pour la planète rouge avec du matériel suisse

Photo: Keystone

La mission russo-européenne ExoMars 2016 s'est séparée lundi soir de son étage propulseur pour quitter l'orbite terrestre. Elle entame ainsi son long voyage vers la planète rouge, a annoncé l'Agence spatiale européenne (ESA), emportant à son bord du matériel suisse.

La sonde, baptisée TGO (Trace Gaz Orbiter) et accompagnée de l'atterrisseur test nommé Schiaparelli, a quitté la Terre lundi à 10h31 avec la fusée russe Proton du cosmodrome de Baïkonour, au Kazakhstan. Un voyage de sept mois pour parcourir un trajet de 496 millions de kilomètres l'attend. Au terme de ce périple, la sonde TGO larguera l'atterrisseur Schiaparelli le 16 octobre: il se posera sur la planète rouge trois jours plus tard.

De son côté, la sonde entrera dans une orbite elliptique avant de ralentir pour se placer sur une orbite circulaire à 400 m d'altitude. Qualifiée de 'grand nez dans l'espace', elle devra rechercher des gaz à l'état de trace dans l'atmosphère de Mars, notamment ceux à base de carbone comme le méthane.

Méthane

Sur Terre, 90% de ce gaz est d'origine biologique et provient principalement de la décomposition de matières organiques. Sa détection peut donc constituer un indice possible de la présence actuelle d'une vie micro-organique sur Mars. Le méthane a en effet une durée de vie limitée.

En 2004 la sonde européenne Mars Express avait déjà découvert de petites quantités de ce gaz. La sonde TGO va essayer de confirmer cette présence de méthane et d'analyser s'il est d'origine biologique ou bien s'il est le résultat d'un processus géologique.

Caméra suisse

C'est là qu'intervient la caméra CaSSIS (Colour and Stereo Surface Imaging System), développée par une équipe placée sous la direction de Nicolas Thomas, de l'Université de Berne, en collaboration avec l'EPFL. Une caméra capable de distinguer avec précision et en couleur des objets de la taille d'une voiture à 100 kilomètres de distance.

Le module Schiaparelli, qui pèse 600 kilogrammes et a la taille d'une petite voiture, aura, lui, pour fonction d'apprendre aux scientifiques comment atterrir sur Mars.

Cette mission a été montée malgré les tensions persistantes et les sanctions réciproques que s'imposent l'Union européenne et la Russie. Elle permet aux Européens de repartir à l'assaut de Mars après un premier succès en 2003 et aux Russes de concrétiser leur rêve d'explorer un jour la planète rouge.

/ATS
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