La guerre des guêpes est déclarée dans les châtaigneraies suisses

La guerre des guêpes est déclarée dans les châtaigneraies suisses

Photo: Keystone

Affaiblies par une guêpe chinoise appelée cynips, les châtaigneraies suisses se portent mieux grâce à l'arrivée naturelle d'une autre guêpe asiatique ennemie: le Torymus sinensis. La lutte biologique est partie de France et d'Italie.

Le cynips s'est propagé en Suisse dès 2009, via l'Italie. Les châtaigneraies tessinoises ont été sa première cible.

La guêpe est à l'origine de la formation de galles qui causent la mort des jeunes pousses et affaiblissent les arbres et leur production. En Valais et au Tessin, quasiment cent pour cent des châtaigneraies sont touchées.

Refus de l'OFEV

En l'absence de prédateur, l'insecte s'est très vite répandu. La France et l'Italie ont réagi en testant, puis en introduisant un parasite ennemi naturel du cynips: la guêpe chinoise Torymus sinensis. Le succès est au rendez-vous, selon l'Institut national de la recherche agronomique (Inra) en France.

En 2012, le Tessin demande à l'Office fédéral de l'environnement (OFEV) l'autorisation d'introduire l'insecte exotique dans le canton. Mais l'OFEV refuse.

'Les données fournies alors ne permettaient pas d'évaluer les risques d'une telle introduction, notamment les risques relatifs au croisement avec des espèces indigènes qui modifieraient irrémédiablement la biodiversité. De plus, les données ne démontraient pas l'efficacité du Torymus dans la lutte contre le cynips', justifie Marco d'Alessandro, collaborateur scientifique de la section biotechnologie de l'OFEV.

Insecte sans frontières

Mais les insectes ne connaissent pas de frontière. En 2014, le Torymus débarque naturellement au Tessin depuis l'Italie. Les scientifiques le recensent également dans le Chablais, sans toutefois pouvoir expliquer de quelle manière il y est parvenu.

'Il se répand aussi vite, voire plus vite que le cynips. Les conséquences de son arrivée sont déjà visibles dans les châtaigneraies du Tessin, du Chablais et des Grisons où la situation s'améliore', indique Beat Forster, collaborateur scientifique à l'Institut fédéral de recherches sur la forêt, la neige et le paysage WSL à Birmensdorf (ZH).

De quoi redonner espoir aux producteurs de châtaignes, même si les défis restent nombreux. 'Le plus gros problème des châtaigniers reste le chancre, une maladie causée par un champignon, mais aussi les caprices de la météo', rappelle Beat Forster.

/ATS
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