La Fed prisonnière de sa communication après le statu quo de jeudi

La Fed prisonnière de sa communication après le statu quo de jeudi

Photo: Keystone

La décision de la Réserve fédérale de laisser sa politique monétaire inchangée ne constitue pas véritablement une surprise. L'établissement devrait relever ses taux d'intérêt proches de zéro depuis 82 mois avant la fin de l'année, jugent la plupart des spécialistes.

Evoquant la décision de la Fed, les économistes de Bank of America-Merrill Lynch, à l'image de nombreux confrères, parlent d'un report tactique. Une première hausse interviendra en décembre, estiment-ils, anticipant que l'institut d'émission relèvera ses taux plus vite que ne le prévoit le marché, avec quatre resserrements l'an prochain, puis de même en 2017.

Selon une enquête de Reuters, douze des dix-sept 'primary dealers', soit les banques spécialisées en valeurs du Trésor habilitées à traiter directement avec la Fed, tablent désormais sur un premier resserrement à l'issue de la dernière réunion de l'année de la banque centrale américaine, les 15 et 16 décembre. Deux l'attendent dès celle des 27 et 29 octobre et trois autres en mars prochain.

La Réserve fédérale américaine a laissé jeudi ses taux d'intérêt inchangés en évoquant les inquiétudes suscitées par la situation économique mondiale. Sans exclure totalement la possibilité d'un léger durcissement de sa politique monétaire d'ici à la fin de l'année.

Attentes des marchés

Dans une note, VP Bank relève que les attentes des marchés financiers quant à un durcissement de la politique monétaire de la Fed demeurent très élevées. Alors que la plus puissante banque centrale de la planète a tout au long des derniers mois laissé entrevoir cette possibilité, celle-ci se retrouve en quelque sorte prisonnière de sa communication.

De l'avis d'autres économistes, comme ceux d'Aurel BGC, la décision de la Fed met en lumière le manque de sérénité de l'institut d'émission américain. Selon Christopher Dembik, de Saxo Banque, la 'Fed a raté une occasion de lever l'incertitude'.

L'attentisme de la Fed devrait d'ailleurs limiter le potentiel haussier sur les marchés ces prochaines semaines. Dans l'immédiat, ces derniers ont réagi de manière plutôt négative, Wall Street clôturant la séance de jeudi entre inquiétude et soulagement. A New York, l'indice Dow Jones a lâché 0,39%, alors que le Nasdaq a gagné 0,1%.

En Asie, les Bourses, à l'exception de Tokyo, étaient orientées à la hausse vendredi, sur fond de soulagement des investisseurs après le statu quo de Fed. Mais là aussi, l'incertitude persistante jetait une ombre au tableau.

Bourses européennes en repli

Hong Kong a vu son indice Hang Seng progresser vendredi de 0,3%, l'indice composite de la Bourse de Shanghaï gagnant pour sa part 0,38%. Le marché de Shenzen a aussi repris du terrain avec une hausse de 1,25%.

Seule la Bourse de Tokyo a évolué à contre-courant, l'indice Nikkei achevant la séance en chute de 1,96%. En cause, le net regain du yen face au dollar dans la foulée du maintien par la Fed de la politique de taux zéro, de quoi déplaire aux détenteurs d'actions des groupes exportateurs japonais.

En Europe, les marchés accentuaient leurs pertes à la mi-journée. L'indice des valeurs vedettes Swiss Market Index (SMI) de la Bourse suisse se repliait ainsi de 1,08%. Paris reculait pour sa part de 1,61%, Francfort de 2,07% et Milan de 1,66%. Londres se tassait de 1,18%.

Sur les marchés des changes, le franc se raffermissait quelque peu vendredi face au dollar et à l'euro. Vers 11h30, le billet vert valait 0,9563 centimes, alors que la monnaie unique se négociait à 1,0954 franc. La devise européenne s'appréciait en revanche par rapport au dollar, un euro notant à 1,145 dollar.

/ATS
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