La BCE laisse son principal taux directeur inchangé à 0,05%

La BCE laisse son principal taux directeur inchangé à 0,05%

Photo: Keystone

La Banque centrale européenne (BCE) laisse son principal taux directeur inchangé à 0,05%, a-t-elle annoncé mercredi. L'institution monétaire de Francfort n'a pas non plus touché à son taux de prêt marginal à 0,30%, ni à celui de dépôt, maintenu à -0,20%.

La BCE a ramené en septembre dernier ses taux à de nouveaux plus bas historiques, le taux de refinancement, principal instrument conventionnel de sa politique monétaire, étant fixé à 0,05%.

Les observateurs n'attendaient aucune modification de ces taux. Une hausse est par ailleurs exclue jusqu'à nouvel ordre, alors que la banque centrale cherche par tous les moyens à ramener l'inflation à proximité de 2%.

La BCE s'attend en outre à une hausse de 0,3% des prix dans la zone euro cette année. Dans ses précédentes prévisions, présentées début mars, la BCE prévoyait une inflation 2015 nulle.

Montagnes d'argent

Cette nouvelle prévision tient compte du rebond des cours du pétrole, de la reprise économique et de l'impact du plan d'assouplissement quantitatif baptisé 'QE'('quantitative easing').

Pour relancer la dynamique des prix, la BCE déverse depuis mars des montagnes d'argent frais sur les marchés en rachetant à grande échelle de la dette privée et publique. Dans le cadre de ce programme, elle compte débourser plus de 1100 milliards d'euros (1150 milliards de francs) d'ici fin septembre 2016, pour faire baisser les taux d'emprunt, et par ce biais relancer l'économie et l'inflation.

'Le programme se déroule bien. Nos achats d'actifs de 60 milliards d'euros par mois vont se poursuivre jusqu'à la fin septembre 2016 et dans tous les cas jusqu'à un ajustement durable du rythme d'inflation conforme à notre objectif', a indiqué Mario Draghi lors de la conférence de presse.

Croissance à 1,5%

L'institution de Francfort maintient parallèlement sa prévision de croissance pour la zone euro cette année à 1,5%, comme il y a trois mois. Il s'agirait de la meilleure performance de la région depuis 2011, lorsque son produit intérieur brut (PIB) avait progressé de 1,6%.

Pour 2016, la BCE prévoit une croissance de 1,9% et une inflation de 1,5% et pour 2017, elle table sur une progression de 2,0% du PIB et une hausse de 1,8% des prix.

Accord solide nécessaire

Concernant la Grèce, Mario Draghi a martelé lors de la conférence de presse que 'le conseil des gouverneurs de la BCE veut que la Grèce reste dans la zone euro'. Mais pour cela, 'il faut un accord solide', entre Athènes et ses créanciers, c'est-à-dire 'qui produit de la croissance, inclut de la justice sociale, est pérenne du point de vue budgétaire'.

M. Draghi a refusé de s'exprimer sur les négociations en cours, qui sont selon lui 'mouvantes'. Les institutions, l'ex-Troïka, et le gouvernement grec ont maintenant 'tous les deux des séries de propositions, qui sont mises face à face', a-t-il dit.

La BCE refuse tant que les négociations ne sont pas conclues de relever un plafond d'émission de bonds du Trésor qu'elle impose à la Grèce. Elle a aussi fermé aux banques grecques le robinet des financements par ses opérations régulières tant que l'horizon ne s'est pas éclairci et 'nous n'en sommes pas encore là', a dit M. Draghi.

En revanche, dès qu'un accord sera sur la table, ce que les dirigeants européens s'activent pour obtenir, 'tout le reste suivra, et cela suivra facilement', a-t-il dit.

Le Premier ministre grec, Alexis Tsipras, devait présenter mercredi soir à Bruxelles au président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, ses propositions, sur 46 pages selon Athènes. Les institutions travaillent à leurs propres propositions, qui seront selon Berlin 'la base des discussions'.

/ATS
Partager
Link
Météo
Restez informé

Pour tout savoir sur l'actualité, inscrivez-vous à notre newsletter et recevez chaque soir dès 16h30 toutes les news de la journée.