L'énergie nucléaire est dépassée et un fiasco financier

L'énergie nucléaire est dépassée et un fiasco financier

Photo: Keystone

En plus d'être dangereuse, l'énergie nucléaire n'est plus rentable, a argumenté l'alliance qui soutient l'initiative populaire des Verts 'Sortir du nucléaire'. Elle a lancé mercredi sa campagne en vue de la votation du 27 novembre.

Pour la gauche, le PEV, les Vert'libéraux, quelques frondeurs de droite et plusieurs organisations de l'environnement, l'énergie nucléaire fait partie du passé et doit être abandonnée. L'initiative des écologistes veut débrancher les centrales nucléaires après 45 ans et remplacer le courant qu'elles produisent par des énergies renouvelables.

Si le peuple dit 'oui', Beznau I, mise en service en 1969, devrait être arrêtée l'année prochaine. Idem pour les centrales de Beznau 2 et de Mühleberg, construites en 1972. Gösgen devrait être arrêtée en 2024 et Leibstadt en 2029, soit dans treize ans. Les BKW, l'exploitant de Mühleberg, ont déjà décidé de fermer le site en 2019 pour raisons économiques.

Dangereux vieillessement

Ces cinq centrales atomiques, parmi les plus vieilles du monde, représentent un réel danger pour la population et l'environnement suisse, a défendu devant les médias Xavier Challandes, député neuchâtelois UDC.

Un danger d'autant plus grand que le Parlement a refusé de renforcer la sécurité et de donner plus de moyens de contrôle à l'Inspection fédérale de la sécurité nucléaire. Or, le vieillissement des centrales devrait justement pousser à une plus grande prudence, a renchéri la présidente des Verts et conseillère nationale bernoise Regula Rytz.

Bien mais pas assez

Pour les partisans de l'initiative, la stratégie énergétique 2050, adoptée pendant la session d'automne par le Parlement, est un pas important en faveur des énergies renouvelables, mais elle ne va pas assez loin. Le paquet interdit la construction de nouvelles centrales nucléaires, mais ne prévoit pas d'arrêt de celles qui sont déjà en fonction.

Le délai de 2029 pour l'arrêt de la dernière centrale laisserait assez de temps aux pouvoirs publics pour planifier l'approvisionnement en électricité via les énergies renouvelables. 'L'Allemagne est parvenue à réaliser son tournant énergétique en moins de temps que cela. La Suisse en est aussi capable', a estimé Regula Rytz.

Fiasco financier

L'énergie nucléaire est aussi un 'fiasco financier', selon l'expert de marché indépendant Kaspar Müller. La production d'électricité solaire ou éolienne a fait drastiquement baisser le prix du courant, mettant à mal le nucléaire. 'Même les exploitants des centrales admettent que le secteur n'est plus rentable', a-t-il lancé, rappelant l'arrêt prochain de Mühleberg.

Les initiants craignent qu'au bout du compte, ce soient les contribuables qui paient la facture. Les exploitants des centrales doivent financer deux fonds: celui pour la gestion des déchets nucléaires et celui pour financer le débranchement des centrales.

Les centrales ont commencé de cotiser pour ces fonds beaucoup trop tard, a critiqué Kaspar Müller. 'Les exploitants n'ont rien mis de côté pendant des années, quand ils gagnaient 1 milliard de francs par an. Maintenant ils perdent 500 millions par an et ne peuvent pas alimenter le fonds. Les laisser plus longtemps en fonction ne fera qu'augmenter les dettes', a ajouté l'ancien syndic de Lausanne et conseiller national Vert Daniel Brélaz.

L'élimination des déchets nucléaires devrait coûter en tout près de 16 milliards de francs. A fin 2015, le montant versé par les exploitants des installations nucléaires se monte à environ 5,4 milliards de francs, selon l'Office fédéral de l'énergie (OFEN). Quant au démantèlement des installations nucléaires, chiffré à près de 3 milliards de francs, 2 milliards ont déjà été versés dans le fonds.

/ATS
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