L'USS dit « non » à une flexibilisation du temps de travail

L'USS dit

Photo: Keystone

Comptabiliser les heures de travail doit rester la norme. Or cette obligation est toujours plus menacée, a critiqué l'Union syndicale suisse (USS) lors de son assemblée des délégués vendredi à Berne. Elle propose notamment d'augmenter les contrôles.

Depuis le 1er janvier, les salariés dont le revenu soumis à l'AVS dépasse 120'000 francs ne sont plus obligés de saisir leur temps de travail. Les conseillers aux Etats Karin Keller-Sutter (PLR/SG) et Konrad Graber (PDC/LU) veulent aller plus loin et libérer les cadres et les spécialistes de certaines obligations. Un assouplissement qui inquiète l'USS.

Leurs initiatives parlementaires ne s'attaquent pas uniquement à l'enregistrement de la durée du travail. Elles supprimeraient aussi le repos nocturne et dominical des employés exerçant une fonction dirigeante et des spécialistes occupant une position similaire, s'alarme l'organisation syndicale.

Travail gratuit

Les travailleurs n'auraient plus droit à des pauses. Et les durées hebdomadaires maximales du travail disparaîtraient, au risque que les semaines de 60 heures deviennent la norme. Résultat, les travailleurs 'pourraient se tuer au travail comme jadis'.

Le stress et les cas d'épuisement professionnel augmenteraient encore plus, les possibilités de concilier famille et travail seraient encore plus menacées et il deviendrait encore plus difficile de planifier sa vie, égrène l'USS.

Outre la santé, un tel assouplissement menacerait les salaires. 'Seul l'enregistrement de la durée du travail établit avec certitude que nous ne travaillons pas gratuitement'.

Accroître les contrôles

Face à ces 'dérives', l'organisation syndicale propose que la Confédération, les cantons et la Caisse nationale suisse d'assurance en cas d'accidents (SUVA) augmentent les contrôles. Durées de travail, respect du temps de repos et des pauses devront être passés en revue.

Autre écueil, le travail dominical. D'après l'USS, les autorisations délivrées pour le travail du dimanche et le travail de nuit doivent rester des exceptions 'absolues'. Et l'organisation de rappeler que les dispositions de protection de la santé s'appliquent aussi au télétravail, une pratique qui augmente.

Enfin, toujours plus de travailleuses et travailleuses sont confrontés à des services de piquet exténuants et irréguliers, ainsi qu'au travail sur appel. Souvent, le temps d'attente est mal compensé ou ne l'est pas du tout, vilipende l'USS.

Projet possible

La commission de l'économie du Conseil des Etats a soutenu fin août les deux initiatives parlementaires. La balle passe dans le camp de la commission de l'économie du National. Si elle donne son feu vert, un projet pourra être élaboré.

/ATS
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