L'UE abaisse sa prévision de croissance pour la zone euro en 2017

L'UE abaisse sa prévision de croissance pour la zone euro en 2017

Photo: Keystone

La Commission européenne a légèrement abaissé mercredi ses prévisions de croissance pour la zone euro en 2017, mettant en garde contre les incertitudes liées au Brexit et au climat 'volatil' international, amplifié par l'élection de Donald Trump à la Maison Blanche.

Pointant 'le niveau élevé d'incertitudes en Europe et aussi au-delà', le commissaire européen aux Affaires économiques, Pierre Moscovici, a prédit 'une croissance dans la zone de 1,5% en 2017, et de 1,7% en 2018', après 1,7% en 2016, lors d'une conférence de presse de présentation des prévisions économiques d'automne.

Le 3 mai, dans ses prévisions de printemps, la Commission avait tablé sur une croissance de 1,6% pour 2016 et de 1,8% pour 2017. Elle n'avait alors pas donné de prévision pour 2018.

'Dans ces temps incertains et volatils, aucun effort ne doit être épargné pour garantir et renforcer la reprise', a affirmé Pierre Moscovici.

Colère et frustration

Interrogé sur l'élection du républicain populiste Donald Trump à la présidence américaine, M. Moscovici a répondu: 'La frustration, la colère, exprimées aux États-Unis font clairement écho à celles des électeurs européens'.

'Beaucoup de nos concitoyens se sentent exclus de la reprise économique, se sentent déclassés dans la mondialisation, qui ne fait pas que des heureux, et du coup bon nombre d'entre eux se sentent déconnectés de leurs gouvernements', a-t-il ajouté.

'Nous devons de toute urgence lutter contre les inégalités qui existent dans nos sociétés pour combler le fossé entre les gouvernements et les citoyens', a poursuivi M. Moscovici.

Croissance réduite pour le Royaume-Uni

En raison de l'impact de l'incertitude entourant le Brexit, l'exécutif européen prévoit une croissance réduite de près de moitié pour le Royaume-Uni en 2017. 'La croissance devrait presque se réduire de moitié en 2017, à 1% (contre 1,9% en 2016)', souligne la Commission.

En revanche, la croissance devrait repartir légèrement en 2018, à 1,2%, en raison de la hausse attendue des exportations même si la demande intérieure reste faible, indiquent les prévisions.

La santé économique de la zone euro devrait également être touchée par les doutes entourant l'impact du Brexit. 'L'incertitude va probablement rester élevée pendant que les négociations continuent sur l'avenir des relations entre le Royaume-Uni et l'UE', observe-t-elle.

La Première ministre Theresa May s'est engagée à déclencher le Brexit avant fin mars 2017 en dépit de la décision de la justice britannique qui souhaite que les députés britanniques votent sur le processus de sortie de l'UE.

Quelques bonnes nouvelles

Dans les prévisions économiques d'automne, s'affichent néanmoins quelques bonnes nouvelles, a estimé M. Moscovici. Sur le front de l'emploi: le taux chômage dans les 19 pays de la monnaie unique devrait baisser, selon l'exécutif européen: 10,1% en 2016, 9,7% en 2017 et 9,2% en 2018.

La Commission européenne table également sur une accélération de l'inflation dans la zone euro en 2017 à 1,4%, comme en 2018, contre 0,3% en 2016.

Des chiffres qui devraient mettre du baume au coeur à la Banque centrale européenne (BCE): cette dernière s'échine depuis près de deux ans à relancer les prix. Elle considère qu'un taux d'inflation proche de 2% est l'objectif à atteindre pour la bonne santé de l'économie.

/ATS
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