L'EPFL développe une puce à biocapteurs implantable sous la peau

L'EPFL développe une puce à biocapteurs implantable sous la peau

Photo: Keystone

Elle fait un centimètre de côté, s’implante sous l’épiderme, s’alimente en énergie via un patch et communique avec votre téléphone portable. Une puce mise au point à l’EPFL est capable de surveiller simultanément le glucose, le cholestérol et certains médicaments.

L’avenir de la médecine s’oriente vers toujours plus de précision, non seulement dans le diagnostic, mais aussi dans le dosage des médicaments, a indiqué mercredi l'Ecole polytechnique fédérale de Lausanne (EPFL). Or les valeurs sur lesquelles le corps médical peut s’appuyer sont généralement un instantané, reflétant le moment d’une prise de sang dont l’analyse peut nécessiter des heures, voire des jours.

Plusieurs laboratoires de l’EPFL travaillent à la mise au point de dispositifs permettant des analyses en continu, sur des durées aussi longues que possible. Le dernier en date est une puce à biocapteurs qu’ont réalisée les chercheurs du Laboratoire de systèmes intégrés (LSI) en collaboration avec le groupe de recherche sur les circuits pour les fréquences radio. Elle a été présentée mardi à Lisbonne, dans le cadre du Symposium international sur les circuits et les systèmes (ISCAS).

Grande autonomie

La puce est capable, en plus du pH et de la température, de mesurer à la fois des molécules du métabolisme, comme le glucose, le lactate ou le cholestérol, et des médicaments, explique Sandro Carrara, du LSI, cité dans le communiqué. Grâce à sa combinaison de capteurs électrochimiques fonctionnant avec ou sans enzymes, ce dispositif peut en effet réagir à une vaste gamme de composants, et ce pendant plusieurs jours, voire semaines.

Sous son enveloppe qui se présente comme un petit carré d’un centimètre de côté, l’appareil renferme trois éléments principaux: le circuit comprenant six capteurs, un calculateur qui analyse les signaux reçus, et un module de transmission radio. Il est également pourvu d’une bobine, qui reçoit par induction l’électricité produite par une batterie extérieure, appliquée sur la peau sous la forme d’un patch.

'Nous avons rassemblé dans un simple pansement la batterie, la bobine et un module Bluetooth, grâce auquel les résultats peuvent être immédiatement envoyés à un téléphone portable', précise Sandro Carrara.

La puce a été testée avec succès in vivo sur des souris à l’Institut de recherche en biomédecine de Bellinzone , dont les chercheurs ont pu contrôler en continu les taux de glucose et de paracétamol, sans qu’un câble suiveur ne vienne perturber leur vie quotidienne. Des résultats qui laissent espérer des tests cliniques sur l’humain d’ici trois à cinq ans.

/ATS
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