Juncker et Hollande promettent aux syndicats plus d'Europe sociale

Juncker et Hollande promettent aux syndicats plus d'Europe sociale

Photo: Keystone

Créer un socle de droits communs pour les travailleurs européens et instituer un 'Eurogroupe social': Jean-Claude Juncker et François Hollande ont rivalisé d'idées mardi pour promettre une Europe plus juste aux syndicats du continent réunis en congrès à Paris.

Quelque 509 délégués de 90 pays, dont les 28 de l'UE et la Suisse, sont réunis jusqu'à vendredi à la Mutualité à Paris pour le 13e congrès de la Confédération européenne des syndicats (CES).

Pour le chef de l'Etat français comme pour le président de la Commission européenne, un renforcement des acquis sociaux est indispensable. M. Juncker a réitéré sa promesse d'instaurer au printemps 2016 'un socle de droits sociaux minimum' qui ferait 'cordon sanitaire' pour protéger les travailleurs: 'à même travail, les mêmes salaires et les mêmes droits', a résumé Jean-Claude Juncker.

François Hollande a quant à lui souhaité un 'plan européen de formation professionnelle' pour les chômeurs de longue durée. Pour réussir ces avancées, les deux dirigeants ont insisté sur la nécessité 'absolue' de relancer le dialogue social en Europe. Aux yeux de M. Hollande, ce dialogue, initié par Jacques Delors dans les années 1980, s'est 'épuisé' ces dernières années. La CES, ont estimé les deux interlocuteurs, doit être un 'acteur majeur' de ce dialogue.

'Eurogroupe social'

Dans une proposition inédite, M. Hollande a plaidé pour la création 'dans un délai proche' d'un 'Eurogroupe social' réunissant les ministres des Affaires sociales de la zone euro, à l'instar de l'Eurogroupe économique et monétaire. Il a également jugé nécessaire 'une convergence' des politiques sociales au sein de l'Union européenne en matière de droits sociaux, de salaires et de protection sociale'.

Répondant aux craintes des syndicats sur la déréglementation du travail, M. Juncker a défendu le contrat à durée indéterminée (CDI) comme devant être 'la norme'. Ces propositions ont été saluées par la secrétaire générale sortante de la CES, Bernadette Ségol. 'Nous attendions ces engagements avec impatience; il ne faut pas seulement des promesses, il faut maintenant les mettre en place', a-t-elle dit.

Pour le président du Parlement européen, Martin Schulz, si l'UE est jugée 'néolibérale, la porte ouverte aux dérégulateurs, c'est parce que par le passé, nous les syndicats, la gauche, avons sous-estimé trop longtemps l'importance de l'Europe. Mais les choses doivent changer', a-t-il dit. La maire de Paris, Anne Hidalgo, a rappelé pour sa part que, 'face à la tentation d'une Europe étriquée, peureuse, l'Europe sociale constitue le coeur du projet européen'.

A l'issue des travaux, la CES doit élire son nouveau secrétaire général, l'Italien Luca Visentini, 46 ans, seul candidat en lice.

/ATS
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