Julian Assange se rendra en cas d'arbitrage défavorable de l'ONU

La détention de Julian Assange est illégale, selon l'ONU

Photo: Keystone

Le groupe de travail de l'ONU sur la détention arbitraire juge illégale la détention de Julian Assange, a annoncé jeudi la diplomatie suédoise. Le fondateur de WikiLeaks vit reclus dans l'ambassade équatorienne à Londres pour échapper à un mandat d'arrêt européen.

'Nous pouvons simplement constater que le groupe de travail est arrivé à une autre conclusion que les autorités judiciaires suédoises', a déclaré une porte-parole du ministère suédois des Affaires étrangères. La justice suédoise, qui cherche à interroger l'Australien dans une affaire de viol, a émis un mandat d'européen contre lui.

Plus tôt dans la journée, l'Australien de 44 ans avait affirmé que si le groupe de travail lui donnait raison, il attendait 'la restitution immédiate de (son) passeport et la fin de toute nouvelle tentative de (l)'arrêter'. Le groupe de travail de l'ONU publiera ses conclusions vendredi.

'Mandat d'arrêt à lever'

Le fondateur de WikiLeaks est accusé par une Suédoise d'un viol qui aurait été commis dans la région de Stockholm en août 2010. La police britannique a prévenu que M. Assange serait interpellé s'il quittait la représentation équatorienne. 'Le mandat d'arrêt reste en vigueur. S'il quitte l'ambassade, nous ferons tout pour l'arrêter', a dit un porte-parole de la police.

Réfugié depuis juin 2012 dans l'ambassade d'Equateur à Londres, Julian Assange refuse de se rendre en Suède de peur d'être extradé vers les États-Unis. Dans ce pays, il pourrait se voir reprocher la publication par WikiLeaks, en 2010, de 500'000 documents classés secret défense sur l'Irak et l'Afghanistan et 250'000 communications diplomatiques.

'Droits de l'Homme violés'

Après avoir longtemps exclu un interrogatoire à Londres, les magistrats suédois avaient accepté, au printemps 2015, de se déplacer pour l'entendre. Il a fallu commencer par signer un accord d'entraide judiciaire entre la Suède et l'Équateur. Mais les deux pays ne se sont toujours pas mis d'accord sur les modalités de cette audition.

Selon Per Samuelsson, l'avocat suédois de Julian Assange, les conclusions du groupe de travail de l'ONU signifient que la Suède 'viole la convention européenne des droits de l'Homme'. La justice suédoise 'doit lever le mandat d'arrêt', a-t-il dit.

Sans incidence

L'avis d'un groupe de travail de l'ONU est sans conséquence sur l'enquête pour viol en cours en Suède, a affirmé jeudi le parquet suédois. Ce jugement 'n'a aucune incidence formelle sur l'enquête préliminaire en cours dans le cadre de la loi suédoise', a indiqué dans un communiqué le parquet.

En septembre 2014, le fondateur de WikiLeaks avait déposé plainte contre la Suède et la Grande-Bretagne auprès d'un groupe de travail sur la détention arbitraire (WGAD), organisme mandaté par les Nations unies. Il s'agissait pour lui de faire reconnaître son confinement dans l'enceinte de l'ambassade équatorienne depuis bientôt quatre ans comme une détention illégale.

/ATS
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