Greenpeace réclame une audition publique sur Beznau I

Greenpeace réclame une audition publique sur Beznau I

Photo: Keystone

Greenpeace et 40 autres organisations dénoncent le 'manque de transparence' d'Axpo concernant l'état de la cuve de pression du réacteur I de Beznau. Elles réclament une audition publique et doutent que le réacteur puisse être relancé de manière sûre, étude à l'appui.

Les associations de protection de l'environnement, le Parti socialiste ainsi que les Verts suisses et allemands déplorent la communication 'au compte-gouttes' de l'entreprise Axpo qui exploite la centrale nucléaire de Beznau, à Döttingen (AG). 'Nous devons pouvoir discuter ouvertement des risques qu'entraînerait un redémarrage du réacteur I', a déclaré jeudi Christian Engeli, responsable de campagne de Greenpeace, aux médias réunis à Zurich.

Rapports sans caviardage

Pour cela, Axpo doit rendre publics et transparents les rapports sur la question. Christian Engeli a montré aux journalistes les 950 pages d'un rapport aux passages entiers caviardés en noir.

Autre revendication, l'exploitant de la centrale sise à Döttingen doit participer à des auditions publiques en présence d'experts indépendants avant de décider si et quand le réacteur sera redémarré. Greenpeace donne à Axpo jusqu'au 13 juin pour accepter cette 'invitation'. Le groupe électrique a annoncé la semaine dernière qu'il s'attendait à un redémarrage avant la fin de l'année.

Sécurité 'difficile' à prouver

D'ici là, Axpo doit démontrer à l'Inspection fédérale de la sécurité nucléaire (IFSN) que la cuve de pression ne posera pas de problèmes de sécurité. Sa partie supérieure comporte un défaut de fabrication: 925 'mini-trous' d'une taille de 5 à 6 millimètres, selon l'exploitant.

'Il va être très difficile de démontrer que Beznau I est sûr', a souligné Simone Mohr, ingénieure spécialisée en sécurité des installations nucléaires pour l'institut allemand Oeko. Son étude montre qu'aucune méthode ne permet de prouver avec suffisamment d'assurance que la cuve de pression ne présente aucun risque de friabilité pouvant, au pire, entraîner une catastrophe nucléaire.

Pas d'échantillons similaires

Il n'existe pas d'échantillon possédant des propriétés similaires au métal de la cuve de pression de Beznau I, conclue le rapport d'Oeko. A ce sujet, Axpo a admis la semaine dernière que la recherche d'échantillons les plus proches possible du matériau utilisé à Beznau constituait un défi de taille.

L'étude présentée par la chercheuse allemande met par ailleurs en doute la méthode de calcul choisie par Axpo pour évaluer le risque de rupture de la cuve de pression. Elle n'est pas la plus prudente qui soit, selon l'institut.

Le réacteur I de la centrale nucléaire de Beznau est le plus ancien du monde. Il est âgé de 47 ans.

/ATS
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