Freenet AG devient l'actionnaire principal de Sunrise

Nouvel actionnaire de référence pour Sunrise - Le titre s'envole

Photo: Keystone

Freenet, nouvel actionnaire de référence de Sunrise, n'est pas un inconnu en Suisse, la société allemande contrôlant l'opérateur mobile d'outre-Rhin Debitel, ancienne filiale de Swisscom. Les investisseurs ont eux salué la vente de la part de CVC Capital Partners.

Vendredi après-midi à la Bourse suisse, l'action du numéro deux helvétique des télécommunications, derrière Swisscom, bondissait encore de plus de 6% à 69 francs, non sans s'être auparavant envolée de près de 10%.

Jeudi soir, Sunrise a annoncé que la société de participations britannique CVC Capital Partners (CVC) a signé un accord en vue de céder l'essentiel de sa part, soit 23,8% des actions de Sunrise, à Freenet.

Pour emporter le paquet de 10,72 millions de titres Sunrise, Freenet déboursera 72,95 francs par action, soit un montant de 782 millions de francs. L'entreprise qui se revendique comme le premier opérateur de téléphonie mobile indépendant en Allemagne s'est en outre assuré une option sur la part restante de CVC, soit 0,73% du capital-actions.

De l'avis des observateurs, la cession met fin à l'incertitude qui régnait quant à la participation de CVC. La vente, qui intervient un peu plus d'un an après l'entrée en Bourse de Sunrise, jusqu'alors entièrement contrôlé par la société de participations, ne constitue cependant pas une surprise.

Retrait des représentants de CVC

La semaine dernière, en parallèle à la présentation des résultats annuels, Sunrise a ainsi annoncé un double changement à sa tête. Alors que son actuel directeur général, le Slovène Libor Voncina, cédera en mai son fauteuil au double national neérlandais et suisse Olaf Swantee, Lorne Somerville, président du conseil d'administration et associé de CVC, abandonnera le sien à Peter Kurer, ancien président d'UBS.

Avec cette participation dans Sunrise, Freenet vise apparemment un objectif purement financier, ce dernier n'escomptant pas augmenter son emprise sur le capital de l'opérateur établi à Zurich. Pour certains analystes, le groupe allemand pourrait spéculer sur une éventuelle consolidation du marché suisse des télécommunications.

Ces dernières années, Freenet a procédé à diverses acquisitions, dont celle récemment de Media Broadcoast, un exploitant allemand d'antennes de diffusion de télévision numérique pour 300 millions d'euros (327 millions de francs). En 2008, la société a repris son principal concurrent Debitel pour le fusionner avec sa marque Mobilcom et former le numéro trois de la téléphonie mobile outre-Rhin.

Acquise en 1999 par Swisscom pour pas moins de 4,3 milliards de francs, un prix jugé par la suite exorbitant, Debitel est restée dans le giron de l'opérateur historique jusqu'en 2004. La société a ensuite été revendue au gestionnaire de fonds Permira entraînant une perte de 3,3 milliards pour le groupe contrôlé par la Confédération.

Liens avec la Suisse

Jusqu'en 2000, Carsten Schloter, futur patron de Swisscom jusqu'à son tragique décès en juillet 2013, dirige Debitel. L'enteprise a par la suite été menée par Oliver Steil jusqu'à sa vente en 2008 à Freenet. Ce dernier, après un retour chez son ancien employeur, le cabinet de conseils McKinsey, est nommé en 2010 à la tête de Sunrise.

M. Steil a quitté Sunrise trois ans plus tard, Libor Voncina, directeur général durant cinq ans de l'opérateur KPN Group Belgium, filiale belge du groupe néerlandais KPN et, auparavant, Telekom Slovenija, lui succédant. L'actuel directeur général sortant du challenger des télécoms helvétiques a notamment mené à bien l'entrée en Bourse de la société.

Avec l'entrée de Freenet dans le capital de Sunrise, Christoph Vilanek, le patron de la firme sise à Büdelsdorf, dans le land du Schleswig-Holstein non loin du Danemark, ainsi que son chef des finances, Joachim Preisig, rejoindront le conseil d'administration du groupe zurichois.

CVC était pour sa part entré dans le capital du numéro deux helvétique des télécommunications en 2010, après l'échec du projet de fusion avec le concurrent Orange, l'actuel Salt, consécutif au veto de la Commission de la concurrence (COMCO). La société britannique avait acquis Sunrise au groupe danois TDC pour 3,3 milliards de francs.

Perte en 2015

L'an passé, Sunrise a essuyé une perte nette de 113 millions de francs. Un résultat dû notamment aux charges liées à son entrée en Bourse et à son refinancement. Malgré un nombre de clients en hausse à 3,28 millions, le chiffre d'affaires s'est replié de 4,8% au regard de 2014 à 1,98 milliard de francs.

Le tassement a notamment pour origine les baisses des tarifs d'itinérance, et la baisse des ventes de smartphones en lien avec la migration de la clientèle vers les abonnements mensuels au détriment des formules à prépaiement.

/ATS
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