Environ 2000 réfugiés de plus ont accès au marché du travail

Environ 2000 réfugiés de plus ont trouvé un emploi en quatre ans

Photo: Keystone

L'intégration professionnelle des migrants s'est renforcée en quatre ans. Confédération, cantons et employeurs ont trouvé un emploi à plus de 2000 réfugiés supplémentaires. En parallèle, les cours de langues axés sur la pratique et l'information se sont développés.

L'un des principaux objectifs de la Conférence tripartite sur les agglomérations (CTA), plate-forme regroupant Confédération, cantons, villes et communes, était d'améliorer d'ici 2016 l'accès des migrants au marché du travail. Au total, 2185 réfugiés et personnes admises à titre provisoire de plus avaient pu prendre un emploi fin 2015, a indiqué jeudi à Berne Guy Morin, président de la CTA.

'Toutefois, le nombre de demandeurs d'asile a fortement augmenté ces dernières années, si bien que de nouveaux efforts doivent être consentis', a relativisé le conseiller d'Etat bâlois. Le dialogue 'Travailler - Donner sa chance' avec les milieux économiques, lancé en 2012, a déjà permis des avancées concrètes, a-t-il assuré.

L'an dernier, la Confédération et les cantons ont dépensé un peu plus de 48 millions pour l'intégration professionnelle des migrants. De nombreux cantons ont fait intervenir des 'coachs du travail', qui élaborent des plans d'insertion sur mesure et accompagnent les personnes en recherche d'emploi. Le succès tient à une collaboration plus étroite entre secteur public et économie, a souligné la CTA.

Des obstacles légaux

La plate-forme s'était accordée avec l'Union patronale suisse, l'Union suisse des arts et métiers (usam), plusieurs associations professionnelles et des syndicats pour fixer une quinzaine d'objectifs. La plupart ont été atteints, a dit Guy Morin.

D'après Mario Gattiker, secrétaire d'Etat aux migrations, la réalisation de projets d'intégration concrets 'est plus fructueuse entre les cantons et les communes en raison d'un meilleur engagement et suivi sur place'. Le dialogue à l'échelle nationale est toutefois utile pour lancer des campagnes d'information et de sensibilisation communes, qui peuvent être coordonnées par la Confédération.

M. Gattiker s'est dit convaincu par le besoin d'intégrer des changements dans la loi sur les étrangers. Il faut 'éviter les lourdeurs bureaucratiques inutiles pour l'accès des migrants au marché du travail'. Le besoin est pressant: M. Gattiker a rappelé qu'en 2012, la Suisse avait accepté 4000 réfugiés et personnes admises à titre provisoire, contre 15'000 en 2014.

La Confédération et les cantons ont fait des propositions concrètes pour démanteler ces obstacles administratifs à l'intégration, comme remplacer la procédure pour obtenir un permis de travail par une obligation de communiquer simplifiée ou abolir certaines taxes prélevées sur le salaire des migrants, relève la CTA. Les Chambres fédérales devront se prononcer sur ces points.

250 cours de langue

Sur un plan plus régional, les services cantonaux et communaux ont pu développer leur offre en quatre ans: informations et conseils plus complets aux employés et employeurs et création de points de contact pour les questions de discrimination, notamment. Des cours de langue davantage axés sur la pratique aussi, pour lesquels cantons et communes ont investi 55 millions en 2015.

Ils ne sont pas les seuls. L'économie peut jouer un rôle actif, comme le montrent les cours de langue organisés par les partenaires sociaux, a noté Dieter Kläy de l'usam. 'Plusieurs centaines de nos travailleurs' ont déjà bénéficié de l'un des 250 cours gratuits, 'L'allemand sur le chantier', donnés depuis 2012, a renchéri Benedikt Koch, directeur de la Société suisse des entrepreneurs (SSE).

Ces cours sont suivis sur le temps libre et assortis d'une indemnité sur salaire. L'offre a été élargie à la Suisse romande, avec 'Le français sur le chantier'. Les cours sont financés par un fonds paritaire, soit des cotisations des employeurs et employés, 'ce qu'il est important de mentionner au vu de certaines critiques récurrentes', a dit Vania Alleva, présidente d'Unia. Le syndicat a lancé des modules semblables dans l'hôtellerie-restauration.

Conférence nationale

Un autre projet a été introduit en septembre dans six cantons alémaniques. Il offre à des réfugiés un stage de trois mois dans une entreprise de nettoyage, au cours duquel ils suivent un enseignement linguistique et professionnel financé par le fonds paritaire. Sur les 80'000 salariés du secteur, 95% sont issus de l'immigration, a rappelé Karin Funk, directrice de la faîtière Allpura.

Les leçons tirées du dialogue CTA sur l'intégration seront à l'ordre du jour de la 3e Conférence nationale sur l'intégration, le 19 juin prochain. Elle réunira quelque 250 représentants du monde de la politique, de l'administration et des organismes privés. La CTA tirera un nouveau bilan à l'occasion de cet événement.

/ATS
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