Changes manipulés: amendes de 6 milliards contre six banques

Changes manipulés: amendes de 6 milliards contre six banques

Photo: Keystone

Quatre grandes banques ont plaidé coupable de tentative de manipulation des taux de change. UBS est sanctionnée pour son rôle dans le scandale du Libor. Au total, six établissements paieront des amendes de près de 6 milliards de dollars (5,64 milliards de francs).

Ces nouvelles pénalités financières portent à plus de 9 milliards de dollars la facture totale acquittée jusqu'ici par les grands établissements dans cet énième scandale qui ternit l'image de la finance, selon un communiqué diffusé mercredi par le département américain de la Justice (DoJ).

Les banques américaines Citigroup et JPMorgan Chase, les britanniques Barclays et Royal Bank of Scotland (RBS) ont plaidé coupable, ce qui devrait les obliger à obtenir des exemptions de la part de nombre de régulateurs pour continuer par exemple à gérer les actifs de fonds de pension par exemple.

Les régulateurs reprochent aux cambistes de ces grands établissements d'avoir utilisé des forums de discussion sur Internet et des messageries instantanées pour se concerter de façon indue afin d'infléchir un taux de référence du marché des changes.

En l'espèce, c'est le taux entre l'euro et le dollar qui a été faussé, selon les autorités américaines, qui parlent d'un salon de discussion baptisé 'cartel' réunissant des traders de Citigroup, JPMorgan, Barclays et Royal Bank of Scotland (RBS).

Sur le seul volet des changes, l'amende s'élève au total à 5,7 milliards de dollars. Barclays et UBS ont écopé d'amendes supplémentaires concernant le Libor.

UBS échappe aux poursuites

Comme déjà annoncé, UBS paiera au total 545 millions de dollars d'amendes. Dans l'affaire des manipulations des devises, le numéro un bancaire helvétique échappe aux poursuites judiciaires et à une amende du DoJ. Il devra en revanche s'acquitter d'une pénalité de 342 millions de dollars en faveur du Conseil des gouverneurs de la Réserve fédérale (Fed).

Dans le dossier du taux de référence Libor, le DoJ a mis fin à l'accord de non-poursuite pénale conclu en 2012 avec l'établissement aux trois clés. La grande banque a accepté de plaider coupable et paiera une pénalité de 203 millions de dollars.

L'autorité américaine reproche notamment au numéro un bancaire helvétique de s'être engagé dans des opérations de change trompeuses et dans des pratiques de vente après avoir signé l'accord de non-poursuite pénale dans le cadre du dossier Libor.

Barclays paie le prix fort

Les groupes américains JPMorgan Chase & Co et Citigroup débourseront respectivement 550 millions et 925 millions de dollars d'amendes judiciaires. Les britanniques Barclays et Royal Bank of Scotland s'acquitteront respectivement de 650 millions et 395 millions d'amendes.

Barclays paiera par ailleurs 1,3 milliard de dollars supplémentaires au Département des services financiers de l'Etat de New York, à la Commodity Futures Trading Commission (CFTC) américaine et à la Financial Conduct Authority (FCA) britanniques, ont précisé les autorités. Au total, Barclays paie le prix fort avec une amende globale d'environ 2,3 milliards de dollars.

Le montant total de 5,7 milliards annoncé inclut 1,6 milliard d'amendes infligé séparément aux cinq groupes par la Réserve fédérale. Bank of America ne s'acquittera que de la somme réclamée par les autorités pour dédommager les clients lésés.

Dans le cadre de l'accord avec le régulateur du secteur bancaire de l'Etat de New York, Barclays a accepté de licencier huit salariés impliqués dans la manipulation de taux de change. La banque s'acquittera également d'un montant de 60 millions de dollars pour avoir violé l'accord de non-poursuite dans le scandale de manipulation du Libor.

Mise à l'épreuve

L'établissement britannique a promis mercredi qu'il allait continuer sa transformation. Son directeur général, Antony Jenkins, qui essaie de tourner la page de ces errements, a dit une nouvelle fois 'regretter profondément' ce qui s'est passé.

A l'exception de Bank of America, les cinq autres établissements ont accepté une période de mise à l'épreuve de trois ans au cours de laquelle ils devront tenir les autorités informées régulièrement de leurs activités.

/ATS
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