Cas Sika: les parties au conflit campent sur leur position

Cas Sika: les parties au conflit campent sur leur position

Photo: Keystone

Comme attendu, le conseil d'administration de Sika et la holding familiale Schenker-Winkler ont défendu leur point de vue lors de l'assemblée générale extraordinaire du fabricant zougois de spécialités chimiques. Tous deux appellent cependant au dialogue.

Devant les actionnaires réunis vendredi à Baar, localité dans laquelle le fabricant zougois de spécialités chimiques pour la construction et l'industrie est domicilié, le président du conseil d'administration Paul Hälg a rappelé être prêt au dialogue. Depuis avril dernier, date de l'assemblée générale ordinaire, la situation n'a pas évolué.

M. Hälg a fait part de son incompréhension face au refus de Saint-Gobain de discuter sur les questions critiques que suscitent la transaction que le géant français a conclue en décembre dernier avec la société Schenker-Winkler Holding (SWH) des familles héritières Burkard-Schenker. Il a appelé à trouver une issue convenable à toutes les parties.

S'adressant à Pierre-André de Chalendar, le directeur général du géant français des matériaux de construction Saint-Gobain, et Urs Burkard, le représentant de SWH au conseil d'administration de Sika, son président a déclaré: 'M. de Chalendar et Urs, vous savez où nous trouver'.

Dialogue impossible

Répondant à M. Hälg, M. Burkard a lui aussi fait part de sa volonté de dialogue. Reste que si chaque camp veut bien négocier, le contenu des discussions fait débat. En ouvrant l'assemblée générale extraordinaire, convoquée à la demande de SWH lors de la réunion ordinaire d'avril dernier, M. Hälg a rappelé les raisons de l'opposition de la direction du groupe à la transaction.

Le président a aussi motivé le plafonnement des droits de vote de SWH à la limite statutaire de 5%, annoncé vendredi matin. La limitation confirme la volonté du groupe de maintenir le statu quo jusqu'à ce que les questions juridiques soient éclaircies par la voie d'une procédure ordinaire. Du coup, la continuité est pour l'heure assurée à la tête de l'entreprise.

Les droits de vote de SWH sont ainsi limités à 5%, alors que son paquet d'actions représentant 16,1% du capital devrait lui garantir 52,4% des voix. Cette nouvelle entrave promet de prolonger le feuilleton autour du rachat de Sika par le géant français Saint-Gobain, qui dure depuis huit mois bientôt.

Pour mémoire, le 14 avril dernier, l'assemblée générale ordinaire des actionnaires de Sika s'était achevée après plus de sept heures de débats sur un statu quo. La réunion était déjà intervenue dans le contexte du projet de reprise de Sika par Saint-Gobain, opération contestée par la direction et le conseil d'administration.

Transaction à près de trois milliards

La holding SWH, propriété de cinq familles héritières Burkard-Schenker, a cédé au groupe industriel français des matériaux de construction sa participation en décembre dernier. Pour ce faire, Saint-Gobain a déboursé 2,75 milliards de francs, soit une prime de 80%.

Dès l'entame de la réunion d'avril, le conseil d'administration avait décidé de plafonner les droits de vote de SWH à la limite statutaire de 5%. La mesure, qui ne concernait que les élections des administrateurs, a ainsi rendu impossible toute modification de la composition de l'organe de surveillance.

/ATS
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