CRH rachète les actifs de Lafarge et d'Holcim pour 6,5 milliards

CRH rachète les actifs de Lafarge et d'Holcim pour 6,5 milliards

Photo: Keystone

CRH a annoncé dimanche qu'il avait conclu le rachat pour 6,5 milliards d'euros (6,7 milliards de francs) des actifs que les cimentiers français Lafarge et saint-gallois Holcim sont obligés de vendre dans le cadre de leur projet de fusion. Le groupe irlandais financera la transaction par de la trésorerie, de l'endettement et un placement de titres.

CRH est le principal producteur d'asphalte pour les autoroutes aux Etats-Unis. Il a battu l'offre d'un consortium emmené par le groupe Blackstone, dont la participation à l'appel d'offres a été confirmée par plusieurs personnes proches du dossier.

Le consortium emmené par Blackstone, avec Cinven et le fonds de pension canadien CPP, avait offert 5,5 milliards d'euros, explique-t-on.

CRH, dans la mesure où il pourra intégrer ces actifs dans son activité, a été de ce fait à même de proposer un prix plus intéressant que les groupes d'investissements financiers qui n'ont pas cette possibilité, explique un familier du processus.

Finalisation au premier semestre

Holcim et Lafarge ont confirmé dans un communiqué commun publié lundi être entrés en négociations exclusives avec CRH. Les actifs cédés, qui restent conditionnés à la finalisation du projet de fusion, comprennent essentiellement des opérations en Europe, au Canada, au Brésil et aux Philippines.

Globalement, ces actifs ont généré un chiffre d'affaires estimé à 5,2 milliards d'euros en 2014, avec un EBITDA opérationnel d'environ 744 millions. Le projet de cession à CRH inclut 1,3 milliard de dettes, a déclaré le directeur général de Lafarge, Bruno Lafont.

Le projet de désinvestissement fera l'objet d'un dialogue permanent avec les représentants du personnel et sera soumis à l'accord des autorités de la concurrence, précisent les deux cimentiers. La fusion devrait être finalisée au premier semestre.

Feu vert sous condition

La Commission européenne a donné mi-décembre son feu vert sous condition à la fusion entre Lafarge et Holcim en précisant que sa décision était subordonnée à la cession des activités de Lafarge en Allemagne, en Roumanie et au Royaume-Uni, et des activités d'Holcim en France, en Hongrie, en Slovaquie, en Espagne et en République tchèque.

Au total, Lafarge et Holcim ont reçu plus de 60 offres indicatives, à la fois d'entreprises du secteur et de groupes de capital investissement, qui portaient sur tous les actifs à céder ou sur certains simplement.

Géant du béton

Dévoilé en avril dernier, le projet de mariage entre le saint-gallois Holcim et le français Lafarge, pour donner naissance au nouveau numéro un mondial du ciment, visait à réduire les coûts et à résoudre la question des surcapacités face à une demande atone.

La fusion donnera naissance à un colosse du béton qui pèsera 32 milliards d'euros de chiffre d'affaires (avant cessions) et comptera 130'000 salariés, dans 90 pays.

CRH, dont le siège est à Dublin, s'est lui aussi engagé l'an dernier dans un plan de cession d'actifs. Le groupe dirigé par Albert Maniford prévoit de vendre pour 1,5 à 2 milliards d'euros d'actifs, en valeur nette.

/ATS
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